Boureima Maïga, directeur sportif de Salitas:  «La reconnaissance du public est pour Salitas, une source de fierté»

Boureima Maïga, directeur sportif de Salitas: «La reconnaissance du public est pour Salitas, une source de fierté»

Au terme des 15 matchs de la phase aller du championnat national de football burkinabè, Salitas FC est certainement, la formation qui fait l’unanimité sur la qualité de son jeu, même s’il lui a parfois manqué la petite étincelle nécessaire à enflammer son compteur but. Le directeur sportif fait le bilan de la mi-saison.

Monsieur le directeur sportif, quel bilan faites-vous de la phase aller du championnat national de D1 ?

Pour le promu que nous sommes, je dirai que le bilan est largement positif d’autant plus que nous bouclons la phase aller en tête du classement. Mais au-delà de ce classement, je suis satisfait du contenu du jeu de mon équipe. Elle a donné à apprécier un beau football, fait de technique et bien élaboré. Les échos qui nous parviennent, affirment que le public a véritablement apprécié le rendu de Salitas sur les terrains. Cette reconnaissance est pour nous, une source de fierté, parce que quelque part, c’est le travail qui est fait dans le centre qui  est reconnu à sa juste valeur.

On sait que des joueurs de Salitas ont entamé des carrières professionnelles. Pouvez-vous nous en parler ?

Effectivement, nous avons enregistré des départs pour des championnats européens. Il y a eu Boureima Assane Bandé, qui est parti pour Malines, avant de signer à l’Ajax qu’il rejoindra en juin prochain. Ensuite, Edmond Tapsoba a suivi du côté du Portugal, puis Loucman Trova Boni et Abou Ouattara qui ont signé à Malines, cette année. Nous avons également le milieu de terrain, Fabrice Sangaré dit Patché, qui a signé en 3e division en France, mais qui est suivi par Toulouse et qui pourrait bientôt revêtir les couleurs de cette équipe. Nous avons en ce moment, 4 ou 5 joueurs qui sont en cours de transfert. Notamment, Salou Dramane qui est actuellement, au Nigéria, pour son visa vers un club de Belgrade qui joue l’Europa Ligue. Il y a Jean Claude Poda, qui est en Côte d’Ivoire pour un visa qui le conduira à Villareal, le virevoltant milieu de terrain, Yssouf Barro dit Baky Koné, qui a signé un contrat de 6 mois avec 3 mois d’option au Portugal, et qui est en attente de son visa. D’ici à l’année prochaine, Salitas comptera quelque 8 à 9 joueurs dans les championnats européens.

Qu’est-ce qui explique un tel succès sur le marché des transferts ?

Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, il faut avoir un talent de recruteur, déjà pour son club et ensuite, pour un placement éventuel à l’étranger. Pour ce qui concerne Salitas, nous avons en plus de ce coup d’œil qui nous permet de déceler les joueurs talentueux, un environnement et des infrastructures qui leur permettent de progresser normalement. Vous pouvez recruter un jeune talent, mais si les conditions de travail ne lui permettent pas de s’épanouir, il n’évoluera pas. Dans notre pays, beaucoup de talents sont restés au stade embryonnaire, justement à cause de ce facteur qui ne leur a pas permis d’exploser. En plus de tout cela, il faut avoir un bon carnet d’adresses. J’ai eu la chance de jouer en Europe, et de ce fait, je me suis fait des relations qui, aujourd’hui, me permettent d’être actif à un certain niveau, du marché des transferts. C’est une question d’organisation aussi, et je voudrais saluer le travail du colonel Yacouba Ouédraogo, qui œuvre tous les joueurs que Dieu fait, au bien-être des pensionnaires du centre, mais au-delà, au développement de notre football. Cet effort n’est pas surprenant pour celui qui connaît la passion pour le sport de cet ancien ministre des sports, qui aime la jeunesse et qui a l’amour de son pays. Je n’oublierai pas le coach Ambass Ouédraogo qui abat un travail remarquable, malgré son jeune âge. C’est un technicien qui aime son travail et qui le fait avec sérieux et abnégation. Nous ambitionnons d’ailleurs, de l’envoyer un jour, se forger en Europe.

Mais, il faut dire que la performance d’un joueur comme Boureima Bandé nous a ouvert des portes. Par-delà ce joueur, d’autres comme Bertrand Traoré y sont pour beaucoup dans le rayonnement du football burkinabè. Aujourd’hui, beaucoup de clubs européens veulent nouer une collaboration avec le centre Salitas et nous en sommes heureux pour nous-mêmes et pour le football burkinabè.

Autant de départs ne risque-t-il pas d’hypothéquer votre ambition pour le titre ?

Nous n’avons pas abordé cette première saison de D1 avec l’ambition de remporter le titre de champion. Pour le promu que nous sommes, l’objectif était de nous maintenir. Maintenant, si au cours du parcours, le titre nous tend les bras, nous ne cracherons pas dessus. C’est vrai que le départ de certains joueurs nous fragilise. Notre force se reposait sur le milieu de terrain qui s’appuyait sur Abou, or, ils sont tous partants. Ce n’est pas aisé de remplacer Trova Boni, Youssouf Barro, Salou Dramane et Abou. Jusqu’à présent, nous n’avons pas pu véritablement remplacer un buteur comme Bandé, même si nous sommes fiers de Jonathan Zongo qui a été retenu par le sélectionneur Saboteur, et qui est sur les traces de Bandé.

Mais, je peux vous rassurer que nous avons des joueurs qui vont prendre le relais avec succès. Nous travaillons à remplacer ceux qui sont partis, de façon à assurer le maintien. Et si nous pouvons disputer le titre, nous n’hésiterons pas. Mais franchement, l’objectif, c’est le maintien, tout en offrant au public un beau football, afin que les uns et les autres découvrent qu’au Burkina, il y a des centres de formation qui travaillent. Et quand je vois ce qui se fait entre autres, au centre Rahimo, au centre d’Amado Traoré, je n’ai pas peur de l’avenir du football burkinabè. Je suis même prêt à parier que nous serons du mondial 2022.

Quelles sont les chances du Burkina au CHAN 2018 ?

Nous avons nos chances, parce que notre championnat regorge de joueurs qui peuvent tirer leur épingle du jeu dans une telle compétition. Maintenant, la question est de savoir si ce sont les meilleurs qui ont été sélectionnés. Je ne veux pas discuter les choix du coach Saboteur. Il a composé sa liste en fonction de son inspiration, c’est lui qui sait pour quelle raison, il préfère tel joueur à tel autre. L’essentiel est que cela donne le résultat que nous escomptons tous, et nous prions pour qu’il en soit ainsi. Mais je constate tout de même que des joueurs dont les qualités sont reconnues dans notre championnat n’ont pas été sélectionnés. Le groupe retenu n’est pas mauvais, mais, je pense que l’apport de certains joueurs non sélectionnés, ne pouvait que le rendre encore plus fort. Mais bon, le coach Saboteur a certainement une idée sur le coup qu’il veut réaliser, et je souhaite qu’il nous surprenne agréablement. Mais j’avoue que le cas de certains joueurs en manque de compétition m’inquiète . SPORT

Hamed junior

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