Ni portes blindées ou capitonnées, ni grilles , ni herses encore moins les frontières ne peuvent arrêter le virus d’Ebola Bundibuguyo est désormais dans les murs d’Abuja, la capitale fédérale du Nigéria où une diplomate en provenance d’Ouganda l’a ramené. Hospitalisée dans un hôpital privé pendant plusieurs jours, il aura fallu le prononcé d’un beau tableau clinique, c’est-à-dire la présence d’un ensemble de symptômes pour que le diagnostic soit imparable: Il s’agit bel et bien de la maladie d’Ebola. Après la RDC, l’Ouganda, le Kenya et la RCA, le Nigéria est le 5e pays à détecter Bundibuguyo. Africa CDC a mis 10 pays du continent en alerte. Ça commence à semer sinon le doute, en tout cas, un peu la peur même si le Nigéria a les moyens d’y faire face. Déjà, il faut saluer le fait que les établissements sanitaires de ce pays soient en état d’alerte maximale chapeautés par le Nigeria Center for Disease Control( NCDC) lesquels ont déjà identifié 44 cas contact étroits. Le ministre de la Santé Mohamed Ali Paté a enjoint les établissements sanitaires et tout le personnel du secteur de ne laisser nulle part où un cas suspect ou jugé tel ne passe et repasse !
Abuja rassure d’ailleurs que les traçages de contact et les laboratoires spécialisés sont sur la brèche.
On est d’autant rassuré que ce géant a déjà circonscrit en 2014, il y a 12 ans donc , la même épidémie avec la souche Zaïre en 3 semaines avec 8 décès enregistrés avec sa Task force Ebola qui avait crapahuté dur pour y parvenir. Même si avec ses 240 millions d’habitants et une forte densité au km², un haut risque de contagion démultiplié n’est pas une hypothèse d’école. Mais si le Nigéria convainc par sa capacité de riposte , la présence d’Ebola dans ce pays démontre que la pathologie peut aller partout via les hubs aéroportuaires et même par les simples routes. Les déplacements humains ne s’arrêtant jamais. On est aujourd’hui à Washington et le lendemain à Addis Abeba ou à Bangkok.
Le monde étant devenu un village planétaire grâce aux moyens de transports moderne et aux réseaux sociaux . C’est pourquoi la sous-région, notamment les voisins immédiats du Nigeria ( Bénin, Togo, Niger) et lointains (Burkina, Côte d’Ivoire, Mali ) doivent sonner le boute-selle même de façon tempérée pour se préparer au cas où au lieu d’être après dans la course contre la montre. Le Covid-19 en 2020 a aguerri l’Afrique de l’Ouest qui peut parer aux épidémies ( même si Boudibuguyo est différent du SARS-COV 2 ) et contre lequel il n’y a pas de vaccin actuel. Mais pour peu que les précautions sanitaires soient prises dans les aéroports et zones d’intense flux humain, en Afrique de l’Ouest, on peut voir venir. Ebola au Nigéria prouve aussi que désormais la seule RDC ne peut pas combattre l’épidémie. C’est une affaire de toute l’Afrique. Entre l’Iturie et Abuja, ça fait une bonne trotte, une distance que ne connait pas Bundibugyo !
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana


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