Burkina Faso: 29 civils et 6 pandores tués au Centre-Nord et Sahel : On ne sait plus quoi dire…

Burkina Faso: 29 civils et 6 pandores tués au Centre-Nord et Sahel : On ne sait plus quoi dire…

Le titre pourrait dire aussi : «aveu de manque d’inspiration». Ou d’impuissance.  Mais c’est plutôt l’expression du summum de l’exaspération, de la désolation et du  dépassement. Le décompte parle. Lugubrement.  En l’espace de moins d’un mois, de quelques semaines :

– 19 août 2019, des hordes belliqueuses prennent d’assaut le camp militaire de Koutougou dans le nord du Burkina. 24 militaires tombent les armes à la main.

– 8 septembre, un engin explosif fait tonner ses entrailles sous un camion de transport. 15 civils sont massacrés.

– Toujours ce funeste dimanche. Incapables de se frayer un passage en voiture pour rejoindre des déplacés à qui ils apportaient des vivres, de bons samaritains utilisent des motos pour voler au secours de leurs prochains. De sinistres individus, véritables apôtres du Diable, les interceptent et les canardent. 14 autres civils passent de vie à trépas.

– Ce 9 septembre, à peine les lamentations avaient-elles atteint leur apogée qu’un autre pan du ciel tombe sur la tête des Burkinabè. Au moins six gendarmes tombent les armes à la main à Inata, pris dans l’étreinte de braise d’une embuscade.

Le chapelet sanguinolent s’allonge avec d’autres Forces de défense et de sécurité dans d’autres attaques notamment avec 4 soldats blessés dans le Lorum. Justement, on se demande jusqu’à quelle longueur ce décompte macabre veut-il attrister les «hommes intègres».

Et les mêmes questions, qui serpentent dans les entrailles des citoyens depuis ce fatidique 15 janvier 2016 (attaque du Café Cappuccino), rejaillissent avec ces coups de glaive d’enfer portés au cœur des compatriotes de Thomas Sankara. Qui est derrière toutes ces attaques ? Pourquoi interviennent-elles comme pratiquement au même moment ? Que veulent ces agents de la mort qui ne cessent d’endeuiller ce pays qui n’aspire qu’à la paix ?  Faut-il croire aux appels de phare qui veulent faire croire à  des desseins inavoués ?

La solution avait été proposée. Mais elle a été battue en brèche et combattue de force véhémente. Mais avec ces hordes incontrôlées et dont on n’arrive pas à cerner leurs désirs, les envies, les passions, par le maniement du bâton, même avec la plus grande dextérité possible, ne faudrait-il pas explorer d’autres pistes ?

Car ce que l’on constate, c’est que les «boys» burkinabè ne dorment pas. Bien au contraire. Ils traquent ces malotrus sans vergogne. Nos FDS ripostent et donnent des estocades mais ça ne suffit pas. Malheureusement, ils ressemblent un peu à ces nuées de poussière qui s’effilochent une fois qu’on les fend, mais qui, aussitôt, très véloces, insaisissables, se  reforment et portent les graines de la méchanceté dans yeux de celles qu’elles veulent détruire.

Comment, dans ce contexte, l’argument militaire peut-il perdurer durablement ? A la carotte, il faudra bien associer la carotte, pour au moins, calmer les ardeurs de quelques têtes de cette hydre qui veut remplir les cimetières du «pays des hommes intègres». Car ils sont apparemment nombreux à en vouloir au pauvre Burkina Faso. Iad Ag Ghaly et ses sbires qui revendiquent au moins leurs forfaits. Le fantomatique Malam Dicko d’Ansaroul Islam et que dire d’Amadou Kouffa avec son Front de libération du Macina ? Ou encore des fanatiques de l’Etat islamique et ses multiples et insondables ramifications ou encore ces semeurs de la mort encagoulés qui ne déclinent pas leur identité mais ne s’empêchent pas de laisser leur empreinte identifiable à la désolation ? Toutes ces hordes enragées dardent leurs regards de braise sur ce havre de paix.

L’orgueil et la dignité sont importants pour un pays, une nation, ses filles et ses fils. Mais la vie de ceux-ci est tout aussi importante.

Il n’est point question de tomber et nager dans les effluves honteuses du défaitisme et de la défaite. Non, puisque le Burina n’est pas encore défait et il ne le sera pas. Le chef de l’Etat burkinabè Roch Kaboré l’a encore répété hier après l’innommable de Kelbo et Guiendbila. Mais en attendant de trouver le point faible de l’ennemi pour bien le chicoter, sans exclure l’idée de continuer à ferrailler, à batailler, à déraciner et à foudroyer, il faudrait aussi essayer la formule de l’arbre à palabre. Ce qui suppose :

-Identifier les assaillants

-Connaître les raisons de cette haine inextinguible et mortifère : «pourquoi le Burkina est attaqué ?».

-Et essayer de dialoguer avec eux, sans pour autant tomber dans la naïveté et la compromission

-Développer ces zones crisées, confinées à l’abandon.

Qu’on se comprenne encore une fois : cette négociation avec l’ennemi n’a pas besoin de cameras, le «petit peuple» n’a pas à savoir les détails d’une telle opération. Seule importe la paix pour que les populations puissent vivre tranquillement, épargner l’endeuillement des familles et permettre au gouvernement de travailler. Et encore une fois prendre langue avec ces terroristes n’est pas synonyme de faiblesse. Si tout cela ne marche pas, alors, on saura vraiment à quoi s’en tenir désormais.

Ahmed BAMBARA

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