Dans le communiqué ci-dessous, rendu public hier jeudi 2 juillet 2026, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a annoncé la fermeture progressivement de son bureau au Burkina Faso d’ici au 30 novembre 2026.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a annoncé jeudi qu’il fermerait progressivement son bureau au Burkina Faso d’ici au 30 novembre 2026. Cette décision intervient dans un contexte de tensions persistantes avec les autorités burkinabè et alors que le pays, aux côtés du Mali et du Niger, a engagé son retrait du traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI).
Le bureau de l’ONU avait vu ses activités suspendues il y a trois mois par les autorités, à la suite de la publication d’un communiqué de presse de l’ONU appelant à préserver l’espace civique. « Je regrette profondément la décision des autorités burkinabè de suspendre pour une durée indéterminée nos opérations dans le pays, et le fait que les échanges intensifs menés avec elles depuis lors n’ont pas permis de résoudre la situation », a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk. Selon lui, cette suspension a eu « un impact direct et considérable » sur la capacité du bureau à exercer pleinement son mandat, le conduisant à décider de mettre progressivement fin à sa présence dans le pays.
Un engagement maintenu
Malgré cette fermeture, M. Türk a assuré que le Haut-Commissariat continuerait de soutenir les autorités, les institutions nationales, la société civile et les autres acteurs afin de promouvoir et protéger les droits humains au Burkina Faso. Ouvert en octobre 2021, le bureau du HCDH suivait la situation des droits humains dans le pays, menait des actions de plaidoyer auprès des autorités et appuyait le renforcement des capacités nationales. Près de 4.000 membres des forces de défense et de sécurité ont notamment bénéficié de formations en droit international des droits humains et en droit international humanitaire.
Préoccupation autour de la CPI
Cette annonce intervient au lendemain d’une déclaration de la Présidence de l’Assemblée des États Parties au Statut de Rome, qui s’est dite préoccupée par les démarches entreprises par le Burkina Faso, le Mali et le Niger pour se retirer du traité instituant la Cour pénale internationale (CPI). La Présidence a regretté une décision qui, selon elle, risque « de compromettre la poursuite collective de la justice » et « d’affaiblir les efforts mondiaux visant à mettre fin à l’impunité ». Elle a rappelé que la CPI constitue un pilier du système international de justice pénale et que son efficacité repose sur le soutien constant des États parties. Tout en soulignant que les trois pays demeurent libres d’exprimer leurs préoccupations au sein de l’Assemblée des États Parties, la Présidence les a appelés à poursuivre un dialogue constructif et à reconsidérer leur retrait. Elle a également rappelé qu’un retrait du Statut de Rome ne libère pas un État des obligations contractées durant la période où il en était partie, tout en saluant la contribution passée du Burkina Faso, du Mali et du Niger aux travaux de l’Assemblée en faveur d’une justice internationale indépendante et impartiale .
HCDH


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