Mais qu’est-ce qui fait courir tant le chef de l’Etat burundais Evariste Ndayishimiye, lui qui est candidat à sa propre succession en 2027, mais habite aussi la fonction de président de l’UA ?
En se rendant hier à Kinshasa, le locataire du palais de Gitega vise plusieurs enjeux bilatéraux, mais continentaux également. Avec son homologue Félix Tshisekedi, le brûlot du Kivu sera au cœur de leur aparté, en particulier la lutte commune que mènent les soldats burundais et les FARDC contre l’AFC/M23 dans l’Est de la RDC. Il s’agira de revisiter l’Accord de défense militaire entre le Burundi et la RDC datant de 2023. Contre le mouvement politico-militaire, mais aussi les rébellions scissipares qui grenouillent en RDC telles le RED-TABARA, et sécuriser davantage la plaine de Ruzizi et le verrou de Kavimvira, surtout après la prise d’Uvira par l’AFC/M23. Et en même temps Ndayishimiye fait d’une pierre deux coups, puisqu’avec son habit de président de l’UA, il est de fait attitré pour parler de la sécurité dans la sous-région et de passer en revue les problématiques sécuritaires et humanitaires. La chronique guerre au Sud-Kivu, qui fait que près de 10 000 soldats burundais sont aux côtés de leurs frères d’armes congolais, reste le point central de ce séjour avec une dronisation du conflit. Peut-être cerise sur le gâteau, Ndayishimiye pourrait donner son feu vert à la candidature de Dame Lumumba, candidate comme patronne de l’OIF, et opposée à la Rwandaise Louise Mushikiwabo et à 2 autres candidates.
C’est une visite en objectifs protéiformes, mais focalisées sur le sécuritaire aux frontières, et même de l’ex-capitale Bujumbura.
Aujourd’hui au Faso.


COMMENTAIRES