Campagne présidentielle en Mauritanie : La pluie, grande électrice du 22 juin ?

Campagne présidentielle en Mauritanie : La pluie, grande électrice du 22 juin ?

Depuis ce vendredi 7 juin 2019, les 6 candidats pour la présidentielle mauritanienne du 22 juin se sont lancés à la pêche des voix.

Et si 4 des postulants pour le mandat suprême ont décidé de donner le ‘’la’’ de leur campagne à Nouakchott, les 2 autres ont opté pour la Mauritanie profonde, à l’image du porte-étendard de la majorité présidentielle, le général Ghazaouani, poulain du président sortant Mohamed Abdelaziz, qui était à Aleg ce samedi 8 juin 2019 dans le Centre-Sud, où le ciel reste désespérément clair et où sévit une grave sécheresse. D’ailleurs, il n’y a pas que Aleg où Dame-pluie refuse de déverser ses eaux, depuis deux longues années tout le pays est quasiment frappé par cette sécheresse, notamment dans le Traza et le Brakna, où rode le spectre de la famine, qui décime le cheptel gros et petit.

Une sécheresse, qui offre l’occasion au candidat du chef de l’Etat-sortant de faire une grande promesse électorale, sous forme de construction de canaux d’irrigation pour alimenter le lac d’Aleg. Mais comme l’a laissé entendre un Mauritanien : «Il faut que les gens soient sérieux, il ne faut pas qu’à chaque fois des candidats viennent nous promettre pendant la campagne électorale et puis après, plus rien»… Comme quoi les promesses électorales n’engagent que ceux qui écoutent. Car encore faut-il que le potentiel bon samaritain le fasse avant le 22 juin… si c’est après…

C’est une campagne équilibrée, car malgré le fait que tout ne soit pas parfait, il existe une opposition, il y a un chef d’Etat, putschiste absous par les urnes qui s’est refusé à charcuter la Constitution pour un 3e mandat…

Reste qu’Abdelaziz, le sortant est un militaire, celui qu’il a mis sur orbite est un militaire, et historiquement, sauf le cas de Sidi Ould Cheich Abdellahi, une expérience que mit d’ailleurs fin l’actuel, sauf ce cas, rarement civil n’a accèdé ou duré au pouvoir. De Ould Taya à Abdelaziz en passant par Ely Ould Vall, ce sont toujours des pouvoirs kaki qui se sont invités au sommet de l’Etat.

Et si dès le début de cette campagne, le pluie se fait électrice sinon grande électrice, la campagne prendra sûrement d’autres couleurs, tels la situation des jeunes, l’emploi, la question de l’esclavage, l’islamisme, et surtout la problématique du report des voix sur un des 4 candidats au second tour, si second tour, il y a.

Sam CHRIS

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