CAN 2019 : Ce Lion là (Sénégal) avait la peau dure pour l’Ecureuil béninois

CAN 2019 : Ce Lion là (Sénégal) avait la peau dure pour l’Ecureuil béninois

Battus par les Lions de la Téranga sénégalais sur une courte victoire (1 à 0), les Ecureuils du Bénin rangent leurs crampons. Ils ont franchi le premier tour par un trou de rat, ils quittent la compétition par la grande porte, après avoir tenu tête au Ghana, au Cameroun et au grand Maroc en abrégeant le rêve de tout un royaume. Au sens faunesque tout comme au sens footballistique, la hiérarchie a été respectée. Le roi lion a rugi. 14 phases finales de CAN dont une finale en 2002, 2 phases finales de Coupe du monde dont un quart de finale en 2002, 22e au classement FIFA, ce lion-là avait assurément la peau dure et la chaire trop fibrée pour ces tendres Ecureuils qui ne sont parvenus à franchir le premier tour de phase finale de CAN, qu’après 4 modestes participations.

Et pourtant, ce match de quart de finale entre Sénégalais et Béninois n’a pas été une villégiature d’oxygénation. Malgré un pourcentage nettement supérieur dans la possession du ballon, il a fallu que les Lions se surpassent, pour déloger ce surprenant insolent ruminant d’un périmètre habituellement réservé aux gros gibiers du continent. Longtemps tenus en échec, les Béninois ont bien cru par moments que dans cette contrée aride du Nord du continent, à défaut de forêts luxuriantes pour servir de bois sacrés, les dieux protecteurs vaudou ont trouvé gîte dans le Nil avec une déconcertante efficacité. Jugez-en vous-mêmes : quand ce n’est pas un retro-passe qui manque de crucifier les Lions (66e mn), c’est une série de ping-pong infructueux qui laisse songeurs les Sénégalais.

D’abord, reclus devant sa cage, le Bénin s’est solidifié un mental sur un coup-franc dès le début de la partie. Sur une balle bien placée dans la surface de réparation, le geste technique inachevé de Michael Poté a failli créer la stupeur dans le camp sénégalais. Conscient que sa performance tient du fait de l’homogénéité de son groupe, le Bénin s’est plutôt contenté de défendre, sans toutefois demeurer dans une maladive torpeur qui aurait pu être extrêmement fatale.

Cette première rencontre des quarts de finale enregistre l’entrée en scène de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR). Cet instrument jugé à la pointe de la technologie et censé réduire la marge d’erreur, si ce n’est des injustices parfois préjudiciables, semble ne pas produire un heureux ménage avec le football africain. Et bien cette VAR, si « injuste » envers les équipes féminines du continent lors de la Coupe du monde et « silencieuse » lors de la finale retour de la Ligue des champions entre le Wydad de Casablanca du Maroc et l’Esperance de Tunis, s’est bel et bien invitée à la CAN.

Quoi qu’il en soit, la certitude est acquise que la présence de cet instrument qui se veut équitable causera autant d’insomnie que lorsqu’il n’était pas admis dans les stades de football. La preuve, le Sénégal a vite déchanté, après avoir célébré son deuxième but contre le Bénin. Pris en flagrant délit d’un hors-jeu qui aurait pu passer inaperçu, le recours à la VAR a invalidé le but de Sadio Mané, pour le bonheur des Béninois qui bénissaient le génie technologique des « Blancs », quand les Sénégalais le maudissaient. Un sentiment de baraka déjoué qui a maintenu les Lions à découvert jusqu’au coup de sifflet final. Même scenarii sur l’égalisation de l’Afrique du Sud devant le Nigeria. Signalé hors-jeu par l’arbitre assistant, la VAR va s’interposer pour relancer le match jusqu’alors maîtrisé par le Nigeria. Le seul tir cadré (après 74 minutes de jeu) des Bafana-Bafana aura reçu, pourrait-on dire, l’onction de la VAR. En somme, un sentiment de « je t’aime moi non plus » qui va s’entretenir jusqu’en finale, au gré des intérêts de chaque camp.

Attendu comme l’un des favoris de cet Egypte 2019, le Nigeria continue de tracer son chemin de gloire. Après une absence à deux CAN, les poulains du sélectionneur germano-français démontrent toute leur soif et leur appétit vorace. Tombeurs du pays organisateur, on s’attendait à une meilleure présence des Bafana-Bafana devant les Super Eagles. Il n’en fut rien, malgré l’égalisation et les prémices de révolte qui s’en sont suivis. Débordés sur les côtés par la vivacité des joueurs Nigérians, les Sud-Africains ont subi la fougue juvénile de leur adversaire, sans véritablement parvenir à élever le niveau de leur jeu, contrairement à leur belle prestation devant les Pharaons. Les petits-fils de Mandela peuvent même se réjouir de s’en tirer avec deux coups de bec (2 à 1), la note aurait pu être beaucoup plus salée. En cette première journée des quarts de finale, la surprise n’a pas eu droit au chapitre !

Ahmed JUNIOR

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR