CAN Maroc 2025 : Forces en présence, favoris déclarés et ambitions assumées des Étalons

CAN Maroc 2025 : Forces en présence, favoris déclarés et ambitions assumées des Étalons

 

 

La 36e Coupe d’Afrique des nations (CAN) débute ce 21 décembre   2025 au Maroc, pays hôte de la compétition. Portées par un engouement populaire exceptionnel, les sélections entrent dans une bataille où la moindre faille peut coûter cher. Entre favoris naturels, candidats au rachat, outsiders crédibles et aléas climatiques le tournoi s’annonce particulièrement insaisissable.

 

Après le retentissant succès qu’a connu la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en terre ivoirienne, le royaume chérifien fait face à un immense défi, à la fois organisationnel, sécuritaire et populaire. Les deux premières cités ne constituent pas véritablement un obstacle. Doté d’infrastructures sportifs, routières et hôtelières à la hauteur de ses ambitions, le Maroc répond allègrement aux exigences imposées par la Confédération africaine de football (CAF).

Cela mise au point, reste la grande interrogation partagée par toute l’Afrique, car, la CAN est certes une compétition de football, mais il n’en demeure pas moins vrai qu’elle incarne un symbole de fraternité et de fête africaine. Bref, un canal de brassage des populations africaines.  La dernière CAN organisée en Côte d’Ivoire a, de ce point de vue, élevé le niveau du mercure, dans une gaieté contagieuse, quand ce ne sont pas vives émotions indescriptibles.

Le Maroc s’aura-t-il nous gratifier d’un tel cocktail de salamalec ? Au moment où Rabat, Casablanca, Marrakech, Agadir, Fès, Tanger accueillent leurs hôtes, cette question taraude inéluctablement les esprits, même si une voix officielle émanant de la CAF a affirmé que cette CAN sera sans précédente.

Si l’on peut prédire une compétition de haut vol au regard des conditions idoines de séjours et de pratiques qu’offre le Maroc, il convient cependant d’espérer que la nature managera sa générosité, pour ne pas dire sa colère. Après la grosse pluie enregistrée avec douleur à Safi, le royaume Chérifien reste en alerte. Certaines régions sont en proie à des chutes de neige, des averses orageuses et à des rafales de vent. A quelques heures de l’ouverture de la fête du football africain, le Maroc colmate les brèches, dans l’espoir que tous ces aléas n’auront pas un impact négatif sur l’engouement du public et la qualité du spectacle que s’apprêtent à décliner les fauves, les rapaces et autres espèces aquatiques.

 

Le Maroc chez lui, avec une armada de talents.

Le Maroc lance sa CAN à domicile avec un statut clair : celui de grand favori. Les Lions de l’Atlas auront pour eux l’avantage du terrain et du public, un facteur souvent décisif dans les grandes compétitions africaines. Chaque match se jouera dans une ambiance acquise à leur cause, renforçant leur confiance mais accentuant aussi la pression du résultat.

Sur le plan sportif, le Maroc dispose d’un effectif impressionnant. Achraf Hakimi, auteur d’une excellente saison avec le PSG et récemment sacré Ballon d’Or africain, demeure l’un des leaders incontestés du groupe, même s’il arrive à la compétition avec une gêne physique au pied. Dans les cages, Yassine Bounou, élu meilleur gardien africain, incarne la sécurité et l’expérience du très haut niveau. Le milieu et l’attaque reposent sur des cadres solides comme Sofyan Amrabat et Brahim Díaz, capables d’apporter équilibre, créativité et maîtrise technique. Toutefois, un souvenir reste douloureux : l’élimination précoce lors de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire face à l’Afrique du Sud, un véritable choc pour une sélection annoncée favorite. À cela, s’ajoute une longue disette continentale, le dernier sacre remontant à 1976.

 

Le Sénégal : le favori le plus constant

 

Juste derrière le pays hôte, le Sénégal s’impose comme l’autre grand favori de cette CAN 2025. Les Lions de la Teranga arrivent avec un effectif expérimenté, rodé aux grandes compétitions et animé par une ambition sans ambages, celle de remporter un deuxième sacre continental.

Avec Sadio Mané, toujours décisif, Kalidou Koulibaly, patron défensif respecté, Idrissa Gana Gueye, véritable métronome du milieu, et Malick Thiaw, le Sénégal présente une équipe équilibrée, physiquement solide et mentalement prête. Leur régularité au plus haut niveau fait d’eux une référence incontournable de cette édition.

 

L’Egypte : le géant historique en quête de renaissance

 

Nation la plus titrée de l’histoire de la CAN avec sept trophées, l’Égypte avance avec le poids de son immense palmarès. Les Pharaons veulent renouer avec leur tradition de domination connaissance

Leader charismatique, Mohamed Salah nourrit un seul rêve, remporter enfin un titre continental majeur avec sa sélection. Pour l’ailier égyptien, cette CAN représente une occasion précieuse de marquer encore un peu plus l’histoire du football africain.

 

L’Algérie : une sélection revancharde

Eliminée dès la phase de groupes lors de la précédente CAN, l’Algérie arrive au Maroc avec un esprit de revanche non dissimulé. Sous la direction de Vladimir Petković, les Fennecs affichent un visage plus discipliné, plus pragmatique. Leur objectif est clair : faire oublier l’échec passé et repartir avec le trophée. Cette mentalité revancharde pourrait en faire l’un des adversaires les plus redoutables du tournoi.

 

Côte d’Ivoire : une championne en titre fragile

Tenante du titre, la Côte d’Ivoire reste une équipe difficile à cerner. Si le sacre à domicile lors de la CAN 2023 a marqué les esprits, le parcours des Éléphants fut loin d’être linéaire, alternant grandes prestations et passages à vide.

Malgré un effectif talentueux, la sélection ivoirienne peine encore à offrir toutes les garanties sur le plan collectif. Elle demeure un candidat sérieux, mais sans la sérénité d’un favori absolu.

 

Zoom sur les Étalons : l’expérience, le mystère et l’espoir

Le Burkina Faso aborde cette CAN dans un contexte particulier, marqué par quelques polémiques et une préparation parfois discutée. Cependant, la sélection burkinabè peut s’appuyer sur une ossature expérimentée. Les capitaines Bertrand Traoré, Issoufou Dayo et Hervé Koffi, accompagnés de cadres comme Blati Touré et Steve Yago, savent ce que signifie aller loin dans la compétition. Plusieurs d’entre eux ont déjà goûté au succès continental avec la médaille de bronze en 2017. À cette expérience s’ajoutent des talents évoluant dans de grands championnats européens : Edmond Tapsoba, pilier défensif reconnu au plus haut niveau, Dango Ouattara, attaquant percutant de Brentford, Bertrand Traoré qui retrouve toutes ses sensations et Arsène Kouassi, qui poursuit sa progression sous les couleurs de Lorient. Autre point fort : le retour de Lassina Franck Traoré, véritable finisseur. Son sens du but et sa capacité à convertir la moindre occasion pourraient s’avérer décisifs dans un tournoi où l’efficacité offensive fait souvent la différence.

Entre un Maroc porté par son public, un Sénégal ambitieux, des géants historiques en quête de rachat et un Burkina Faso fidèle à son ADN de compétiteur, la CAN 2025 s’annonce imprévisible et passionnante. Dans ce contexte, les Étalons avancent sans bruit, mais avec l’expérience et la résilience nécessaires pour, une fois encore, déjouer les pronostics.

Hamed JUNIOR

 

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