CEDEAO et crise malienne : Menaces, «pas touche à IBK» et M5-RFP en colère

CEDEAO et crise malienne : Menaces, «pas touche à IBK» et M5-RFP en colère

Après l’échec des 5 médiateurs de luxe de la CEDEAO le 19 juillet, hier c’est carrément un sommet virtuel de l’organisation dirigée par son président en exercice Mahamadou Issoufou, qui s’est tenu ce 27 juillet sur la crise multiple au Mali.

– Respect des institutions républicaines ;

– Elections législatives partielles pour remplacer les 31 députés dont les sièges sont querellés, y compris l’occupant du perchoir ;

– Recomposition de la Cour constitutionnelle ;

– Mise en place d’un petit cabinet avec les ministres de la Défense, Sécurité, Affaires étrangères pour expédier les affaires courantes avant la formation d’un gouvernement d’union nationale ;

– Sanctions éventuelles aux contrevenants au processus de normalisation.

Voilà la substantifique moelle de cette réunion au sommet en visioconférence des 15 chefs d’Etat de la CEDEAO sur le Mali de ce lundi 27 juillet 2020.

Des décisions qui ne sont pas différentes des propositions d’IBK, et qui reprennent en fait mutatis mutandis, les recommandations de la médiation conduite par Goodluck Jonathan.

La CEDEAO on le voit, est en train de prendre le décor, car ces solutions sont irréalistes, anticonstitutionnelles, et sont le concentré de ce qu’abhorre M5-RFP. En outre, ce n’est pas le moment de jouer au père fouettard. Les princes de l’espace CEDEAO auraient voulu faire capoter les négociations qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement. Surtout avec la charge d’un IBK en personne en l’endroit de l’imam Dicko accusé «d’arrogant et de putschiste».

On peut un peu comprendre ces chefs d’Etat, soucieux de ne pas voir un des leurs réélu être dépouillé par la «ruecratie», mais comme on dit la CEDEAO a «tout gâté hier» par cette posture de tout sauf toucher à IBK, lequel refuse aussi de remplacer son premier ministre Boubou Cissé qui n’a plus de ministres depuis plus de 40 jours. Or sauter ce fusible pourrait détendre la situation.

Un chef d’Etat, un ministre ou un DG peut craindre la foudre de la CEDEAO, qui peut bloquer ses comptes bancaires, le frapper de travel band (interdiction de voyager …), mais qu’est-ce que ces gens de la rue ont à perdre des sanctions de la CEDEAO ? Ils s’en moquent comme de leurs premières «tapettes». Les Choguel Maïga, Cheick Cissoko, et surtout l’imam Mahamoud Dicko, n’en ont cure de ce bâton brandi par la CEDEAO ! C’est un véritable coup d’épée dans l’eau qu’a effectué l’organisation.

Déjà le M5-RFP, se dit «ne pas être demandeur d’un gouvernement d’union nationale», et pire, la CEDEAO, n’est pas habilitée à déchoir les 31 députés qui sont élus (mal peut-être) pour 5 ans ! La CEDEAO, par ce sommet n’a fait que «braquer» davantage les manifestants, et c’est sûr que les amabilités envoyés par IBK à son ex-allié Dicko, ont été reçues 5/5, par l’icône religieuse ce qui ne va pas non plus contribuer à apaiser une atmosphère des bords du Djoliba, surchauffée depuis des semaines.

C’est une certitude maintenant que le réprit de la Tabaski risque d’être le dernier, et l’après-Aid El Kebir est gorgé de dangers, chaque camp va se recroqueviller, se durcir et après l’enlisement, ce sera peut-être l’implosion , voie royale si on n’y prend garde, vers le retour du pouvoir kaki, malgré le syndrome Aya Sanogo et le fait que les FAMA sont restées républicaines et en dépit que ce genre de pouvoir n’est plus de saison.

La REDACTION

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