Choguel Maïga-CEDEAO-ONU-UA : Promesses d’un premier ministre crack en thèmes

Choguel Maïga-CEDEAO-ONU-UA : Promesses d’un premier ministre crack en thèmes

Un nouveau gouvernement d’ici le dimanche 13 juin et une feuille de route et un timing clairs de la Transition sur la table du patron du CNT, le colonel Malick Diaw dans 6 semaines, la promesse comme son patron de ne pas être sur la ligne de départ à la présidentielle, voilà les gages faites à la CEDEAO, hier 9 juin par Choguel Kokala Maïga, 48 heures après avoir été bombardé premier ministre par le chef de l’Etat Assimi Goïta.

Evidemment, la configuration de l’équipe ministérielle de 25 membres sera le thermostat de cette transition. Au prorata de la balance politique, le M5-RFP devrait se tailler quelques strapontins juteux, à partir du moment où la junte a besoin de ce conglomérat hétéroclite politico-religieux pour cornaquer une transition certes portée à bout de bras par une partie des Maliens, mais lestée néanmoins de grosses problématiques dont les moindres ne sont pas la lutte contre le terrorisme et la réussite de la Transition. On peut donc aisément deviner que certains ministères régaliens pourraient tomber dans l’escarcelle du Mouvement de l’imam Dicko, même s’il ne faut pas écarter la présence de plusieurs partis dans ce gouvernement, qui aura l’allure d’un regroupement d’union nationale.

En principe, le fait que Goïta et Choguel Maïga ne candidateront pas pour l’impérium, la transition ne pourrait que mieux se porter, et ne risque pas une embardée en cours de route.

Car lorsqu’un militaire s’empare du pouvoir ici par deux fois, et est animé de bonnes intentions, c’est-à-dire mettre de l’ordre pour des élections propres et transparentes, avant de s’en aller, généralement, ladite transition peut bien aboutir. Gare pourtant au goût sirupeux du pouvoir dont le putschiste Goïta pourrait tomber en addiction.

Il faut donc se méfier du cas du syndrome du militaire-démocrate, dont semble être atteint Goïta, lorsqu’il fait référence à ATT dans ses discours. Vouloir profiter de l’usufruit de chef d’Etat des 8 mois d’intérim, pour se préparer pour … 2027 est aussi une tentation qui pourrait nuire à cette transition à deux têtes (junte et M5-RFP). Enfin, il faudra que le couple Goïta-Choguel puisse conjurer le spectre d’une transition à objectif d’imposer un civil faire-valoir pour la présidentielle.

Voilà autant de ronces éparpillées sur le chemin de ce pouvoir intérimaire malien.

L’ex-chargé de la stratégie du M5-RFP est un fort en thèmes, mais être un crack en la matière, ne dispense pas de tomber dans des travers de l’exercice du pouvoir.

Surtout qu’aux questions domestiques, il faudra convaincre sur le plan sécuritaire, car avec la suspension de Takuba, et toutes ces sanctions assenées au Mali (France, USA, Banque mondiale) ce ne sera pas à l’échelle du bavardage qu’on mesurera la marche de cette Transition.

8 mois pour tenir un référendum constitutionnel en octobre 2021, des élections générales (présidentielle et législatives) en février-mars 2022, un temps suffisant pour le premier ministre Choguel et à chacun des 25 ministres de faire le tour de la circonférence de leur nombril pour se rendre compte de leur inégalité. 8 mois donc pour réussir ou pour plomber le Mali qui se cherche depuis 9 longues années.

Sam Chris

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