CNPS-M5 et position CEDEAO et OIF : Calculs et câlins politiques à Bamako, Abuja et Paris

CNPS-M5 et position CEDEAO et OIF : Calculs et câlins politiques à Bamako, Abuja et Paris

Finis les atermoiements, place aux actes, empreints de visées politiques de la part du CNPS tenant du pouvoir d’Etat depuis le 18 août dernier et le M5, qui a contribué à l’avènement de ce pouvoir kaki par un travail de pourrissement qui a débuté le 5 juin, il est vrai que le pouvoir d’IBK a prêté le flanc par son impéritie, sa mal gouvernance et une gestion patrimoniale du pouvoir avec l’intrusion de la famille dans la sphère de gestion, notamment par le fils du président déchu, Karim, dont les frasques et foucades ont fini par révolter le petit peuple malien.

Hier 26 août, soit une semaine après l’avènement du colonel Assimi Goïta et ses frères d’arme, le M5 s’est rendu à Kati pour prendre officiellement langue avec la junte. Qu’ont bien pu se dire Assimi Goïta et l’imam Mahmoud Dicko ? Peut-être peu de choses, même si cette prise de contact a des allures de sillons pour le partage du pouvoir de transition, qu’on va agglomérer en gouvernement de crise.

A la vérité, si le M5 a été un marchepied pour le CNPS d’accéder au pouvoir suprême, ce conglomérat de partis politiques, de société civile et de religieux, s’est un peu senti floué par l’aboutissement de sa lutte. La faute à qui ? A l’absence d’une figure tutélaire politique capable de rassembler tout ce beau monde, l’imam Dicko, sachant que son statut aurait été mal pris s’il franchissait le rubicond.

Encore, qu’on ne savait pas comment le M5 allait faire partir IBK. Les militaires eux ont des armes ! Séance de calinothérapie hier donc au casernement militaire de Kati, une douce entrée en matière pour esquisser la future équipe ministérielle. Et on devine que les mêmes caïmans du Djoliba, figureront dans le pouvoir transitoire comme les Omar Mariko, Mountaga Tall, Choguel Kokala Maïga…

Même clin d’œil de la part de la CEDEAO, qui avant son sommet consacré à l’après-IBK a assoupli les sanctions : Reprise des transactions nationales avec l’ouverture de la BCEAO Mali et des banques primaires, et échanges économiques nationaux alors que les mouvements bancaires internationaux restent bloqués.

La CEDEAO lâche du lest, tout en maintenant une certaine pression face aux prétoriens de Bamako. A juste raison, car tant que l’identité du futur locataire de Koulouba, et la durée de son magistère (3 ans ou 2 ans ? 12 mois ou 18 mois) ne seront pas arrêtés, il y a lieu de faire gaffe. La CEDEAO a proposé hier 26 août 12 mois au CNSP.

Même posture de la carotte et du bâton du côté de la Francophonie. L’OIF a suspendu le Mali de ses instances tout en gardant un fil rouge du côté de la coopération envers les populations, victimes de premier choix, lorsqu’un pays est mis sur le ban de la communauté internationale.

 On se jauge donc à Bamako, Abuja et Paris non plus sur les rapports de force, mais sur «qu’est-ce qu’on gagne ? Et qu’est-ce qu’on perd ?» dans ce Games of Thrones au Mali qui ne dit pas son nom.  Chacun  a compris que le discours de la Baule a vecu, oubliée la Déclaration de Bamako, les coups d’Etats (salutaires) reviennent en Afrique. Il y a à parier d’ailleurs qu’après le sommet de la CEDEAO, et du second aparté M5-CNPS qui aura lieu ce samedi 29 août 2020, les choses iront rapidement et on espère dans le bon sens, c’est-à-dire une transition à durée raisonnable, avec un Périclès malien, qui aura à cœur le quotidien de ses compatriotes. C’est tout le mal qu’on souhaite au Mali.

Pélagie OUEDRAOGO

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