CNSP cherche d’urgence président civil : Mon colonel, ce mouton  à 5 pattes existe bien au Mali

CNSP cherche d’urgence président civil : Mon colonel, ce mouton  à 5 pattes existe bien au Mali

Récusé par la CEDEAO le 15 septembre dernier, la junte a embrayé au pied levé dès son retour à Bamako pour satisfaire au mieux aux exigences et désidérata de l’organisation sous-régionale. Arrivé dans la nuit du 15 septembre, dès potron minet, Assimi Goïta a recommencé de secondes conciliabules et même une conférence de presse  dans la matinée pour informer le peuple malien de sa bonne foi et de la posture de la CEDEAO.

Ça coince au niveau du président civil car si le CNSP propose dans la charte concoctée du 10 au 13 septembre un président civil ou militaire, il a ajouté un vice-président dont les prérogatives outrepassent celles du président intérimaire et cela n’a pas échappé à la CEDEAO, qui soupçonne une entourloupe.

Convenons-en Nana-Akufo Addo et ses pairs ont mis de l’eau dans leur vin car les 18 mois d’intérim  proposés par les militaires ont été acceptés à Accra soit un bonus de 6 mois mais pas question d’un président militaire ni d’un chef de gouvernement militaire ont martelé en chœur les dirigeants de la CEDEAO, aile dure comme  aile modérée.

Une inflexion conditionnée par la dissolution de la junte sitôt les organes de la Transition mis en place. Car, ce serait le comble qu’on ait un pouvoir civil dont la réalité du pouvoir se trouverait à Kati exactement comme chez le voisin burkinabè en 2015 ou le pouvoir suprême était bien entre les mains de  l’ancien diplomate Michel Kafando mais dont on sentait la pesanteur de l’ombrageux redouté et redoutable RSP du Camp Naaba Koom planer sur Kosyam le palais présidentiel via le premier ministre le lieutenant-colonel. Yacouba Isaac Zida lui-même aiguillonné par son mentor Gilbert Diendéré. Il aura fallu que Zida rompt les amarres avec Diendéré et que «M’Ba Michel» reste inflexible pour conduire cette transition à bon port. Et encore même avec ça, il y a eu le coup d’Etat du 16 septembre 2015 perpétré par  le Gl Diendéré.

La CEDEAO a le nez creux d’effectuer toutes ces balises, car quand les militaires entrent avec grand bruit dans la politique même si c’est avec petitesse par un putsch, ils n’entendent plus en sortir et par des subterfuges, ils y restent des années  et ne sont délogés souvent que par d’autres frères d’armes ou de plus en plus par la «ruecratie» ces peuples qui par manifs, finissent par culbuter ces régimes fossilisés jusqu’à la moelle.

Alors, quelle perspective pour le CNSP qui n’entend pas sortir de cette équipée putschiste les mains vides car c’est bien de cela qu’il s’agit au-delà de ces gesticulations de comice ?

Comment satisfaire la CEDEAO, ne pas être en porte-à-faux avec les Maliens et  se réserver une poire pour la soif ? Telle est l’interrogation majeure qui trotte dans la tête des tombeurs d’IBK.

Dans la galaxie du M5-RFP, il  y a bien sûr quelques personnages qui auraient pu faire l’affaire mais trop marqués par de fréquentes et venues dans presque tous les régimes depuis 1990, ils ont perdu de leur crédibilité.

Soumaïla Cissé aurait pu endosser le costume de job qui lui aurait convenu comme un gant s’il l’acceptait car le président intérimaire ne pouvant pas postuler pour la prochaine présidentielle, il n’était pas évident que le Chef de file de l’Opposition daigne accepter ce rôle ingrat électoralement parlant.

CNPS cherche donc désespérément président civil pour une Transition sur laquelle il n’a plus la totalité des tenants et aboutissants. Le Mali regorge de compétences qui peuvent bien accomplir cette tâche, le problème est d’avoir un intérimaire accommodant car la junte sait qu’une fois dissoute elle n’aura plus prise sur beaucoup de décisions et certaines affaires peuvent les rattraper malgré l’amnistie qui couvre la petite période du 18 août à la prise de fonction par la transition.

Cependant, beaucoup restent convaincus que ces prochains jours se dérouleront un théâtre d’ombre, des chassés-croisés chez l’imam Dicko et le chérif de Nioro, des coups de fils dans des capitales africaines et française et que l’identité du président de la Transition sera trouvée, le CNSP n’a même pas le choix.

Il restera à s’attaquer à ces travaux d’Hercule qui ont plombé le Mali et sur lesquels surfent les politiques et les putschistes pour se donner bonne conscience tandis que les populations boivent l’amère potion du quotidien depuis Mathusalem.

Pour tout ça pour toutes les victimes du terrorisme et tous ceux qui sont malade, du Mali, le CNSP ne peut que trouver ce mouton à 5 pattes pardon, ce président civil.

Pélagie OUEDRAOGO

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