Congédiement de 250 magistrats en RDC : Kabila enrobe  la toge

Congédiement de 250 magistrats en RDC : Kabila enrobe  la toge

Le premier magistrat de la RD Congo, Joseph Kabila a donc décidé d’expurger des rangs de la magistrature, 250 juges incompétents ou faussaires, soit 6% de ce corps, ce qui revient du pareil au même. C’est inédit !

Par ordonnances présidentielles, des magistrats du siège, du tribunal militaire et autres ont été congédiés ou mis à la retraite, conséquence, d’une investigation menée par le ministre de la justice, garde des sceaux, Alexis Thambwe. Si l’esprit de cette opération est juste, on ne peut que saluer cette action de salubrité judiciaire, car si ceux qui sont chargés de dire le droit, de porter des jugements, de protéger le fort et le faible ont endossé la toge par des raccourcis et de facto, sont frappés d’indignité à exercer le métier, il est normal qu’ils soient éjectés.

Ces congédiements liés à des questions de cursus  (on ne sait pas où certains ont fait leurs études), et de fraudes de diplômes sont à l’honneur du pouvoir congolais, si et seulement si ce dont on leur reproche est avéré. Formation approximative, rentrée à l’Ecole nationale de la magistrature par des moyens détournés, ces 250 reprouvés constituent la plaie du deuxième pouvoir. Or, le pouvoir judiciaire est la voûte de toute démocratie.

Les magistrats sont souvent si puissants, que dans certaines démocraties, même aseptisées, forment ce qu’on appelle la République des juges, tant, ils titillent les politiques et séparation des pouvoirs oblige, l’Exécutif ne peut que rester coi, même si souvent un fil rouge relie toujours cet exécutif au judiciaire. Il est vrai également que sous les tropiques, les justiciables sont très mécontents de leur justice, car, selon que vous êtes riche ou pauvre, puissant ou faible, de l’aristocratie ou de la plèbe la justice qui vous sera appliquée est différente. Kabila a décidé de taper dans la fourmilière des hommes en noir, et la RD Congo n’est pas le seul cas où il y a souvent des suspicions ente la justice et les justiciables et l’exécutif. Ainsi au Burkina Faso dès le début de son mandat en 2016, le président Roch Marc Christian Kaboré a cru bon satisfaire les doléances de cette magistrature, en accédant à la satisfaction de sa plate-forme. Hélas, l’effet domino de cette oreille attentive présidentielle a été la foultitude de grèves sous lequel croule actuellement le pays des hommes intègres. Pourtant, de procès pas beaucoup, malgré de nombreux dossiers pendants , ce qui rend furieux les Burkinabè, qui estiment, qu’avec les conditions exceptionnelles dont bénéficient les magistrats, les dossiers judiciaires devraient connaître des avancées notables… Que nenni ! Au Bénin aussi, Patrice Talon est en bagarre avec les magistrats sur des questions déontologiques et de conditions de travail. En RD Congo au moins, il faut reconnaître ce courage à Kabila, qui a pris ses responsabilités, car un chef de l’Etat peut se tromper, en arbitrant, il peut faire fausse route, en agissant mais, il est des moments, où il doit sévir et assumer.

Si donc Kabila a décidé de révoquer ces 250 imposteurs, ce n’est que justice, et on ne peut qu’applaudir cette opération ‘’Mains propres’’ au sein de ceux qui la pratiquent chaque jour. A contrario, il faut craindre que le nouveau projet de loi mariné par le ministre Thambwe pour régenter le corps de la magistrature, ne soit une camisole de force qu’on veut faire porter aux juges. En effet, dans cette RD Congo, crisogène politiquement, militairement et judiciairement, nettoyer les écuries pestilentielles de l’appareil judiciaire, n’est pas anodin, quand on sait, qu’ils seront aussi à la pointe des élections de décembre 2018. Déjà à la Cour constitutionnelle, Kabila a bétonné la Haute juridiction au cas où. En frappant 6% de magistrats dans un pays, pour cause de gangrène, on ne peut qu’applaudir des deux mains, sauf que venant de Kabila, on est habité par la circonspection.

Sam Chris

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