COP15 sur la désertification d’Abidjan : Hélas, les plus grands déforesteurs sont là pour … le décorum

COP15 sur la désertification d’Abidjan : Hélas, les plus grands déforesteurs sont là pour … le décorum

Un aréopage de 12 chefs d’Etat dont 9 africains parmi lesquels le Nigérian Buhari, le Togolais Gnassingbé, le Nigérien Bazoum et bien sûr Alassane Ouattara, 5 000 négociateurs de 196 pays sont depuis hier à Abidjan pour la COP15, ce grand jamborée consacré à l’environnement notamment à la lutte contre la désertification.

Sur fond d’un scandale local de gigantesque trafic de bois débusqué par notre confrère Jeune Afrique  et qui a emporté le ministre Alain Donwawhi, dont on disait qu’il devait être l’orchestrateur principal de la présente réunion. La «petite sœur» des COP sur le climat a tenu son pari de participants. Ouattara aurait encore mieux pavoisé si Emmanuel Macron, le président français et la présidente de la Commission de l’UE, Von der Leyen étaient physiquement présents, mais ce sera par visioconférence. Ou encore si Biden ou Xi Jinping avaient fait le déplacement d’Abidjan.

C’est donc le maître des lieux, le président ivoirien qui a donné le «la» à cette COP15, en rappelant les affres de l’existant environnemental. 52% des sols arables sont dégradés, 2,6 milliards de personnes menacées et l’Afrique en plus d’être frappée de plein fouet par le problème climat avec des inondations et des glissements de terrains et leurs corollaires de victimes,  souffre de la désertification endémique. Exemple, la Côte d’Ivoire a perdu 80% de son couvert végétal depuis 1960.

Alassane Ouattara propose des pistes de solutions notamment, la restauration de 3 millions d’ha de forêt d’ici 2030, et des cotisations à hauteur de 1,5 milliard de dollars sur 5 ans.

L’Initiative d’Abidjan clou de ce sommet devrait permettre encore de saisir les retombées de cette réunion. Mais comment parler de désertification sans justement évoquer le réchauffement climatique, dont s’occupent les COP  sur le climat ? Or, depuis la COP de décembre 2015 peu de lignes ont bougé et même à Glasgow de nombreux chefs d’Etat africains ont rappelé aux pays riches, et souvent les plus grands pollueurs, qui sont aussi les plus grands déforesteurs leurs promesses restées inaccomplies.

100 milliards de dollars par an, avaient été promis à l’Afrique il y a 10 ans pour lutter contre les réchauffements climatiques. Jusqu’à présent entre 70 à 80% ont été décaissés. Or, le continent subit cet effet climatique, qu’il n’a pas généré. En outre, Abidjan ferait bien de remettre au goût du jour cette exigence matricielle qui est le besoin de compensation pour service environnemental rendu, c’est-à-dire arrêter de déforester ou d’exploiter les gisements d’hydrocarbures (énergie fossile) contre de larges rétributions compensatoires. Désertification et climat sont intimement liés !

Responsable à 4% des émissions globales, l’Afrique paie pourtant le prix fort, étant le maillon faible, elle paie cash, les effets du dérèglement climatique. Mais revenons à cette COP15 sur la désertification d’Abidjan. De belles propositions sont déjà en friche et ce raout devra aider à les faire avancer:

– Quid par exemple de la grande Muraille verte, projet titanesque visant à restaurer 100 milliards d’ha de terres arables sur 8 000 kilomètres allant du Sénégal à Djibouti ?

– Sur quels objectifs les négociateurs des 196 pays vont-ils s’entendre, pour accoucher de l’Initiative d’Abidjan dans 10 jours ?

– Que peut vraiment la «petite sœur» des COP sur le climat ?

Abidjan serait un flop le 20 mai prochain ou pire un sommet du bla-bla-bla, si des réponses claires ne sont pas apportées à ces problématiques et si les Africains n’exigeaient pas certains prérequis, de la part de ceux qui, à force de vouloir se rendre maître et possesseur de la Nature, l’abiment, la torturent et provoquent sa colère, laquelle colère déferle sur le monde entier. Les grandes industries qui suppriment les forêts dans les différents «poumons» de l’Afrique doivent être rappelées à l’ordre. Hélas, répondront-elles de façon idoine ?

Que les plus grands déforesteurs soient les plus grands payeurs. Encore faut-il que le continent ait les moyens de coercition et parle d’une même voix, car le désert lui, avance, avance …

La redaction

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