Coup d’Etat au Soudan : «La putschicratie» ambiante touche les rivages du Nil

Coup d’Etat au Soudan : «La putschicratie» ambiante touche les rivages du Nil

«La putschicratie» nouveau néologisme en vogue au Sud du Sahara qui déferle sur l’Ouest de l’Afrique a-t-elle atteint les rivages du Nil pour toucher le Soudan ? Question à un coup d’Etat raté, puisque le 20 septembre dernier, selon les autorités de la transition, un raccourci militaire ourdis par des partisans du vieil Néron déchu, Omar-El Béchir, une tentative de mettre fin donc à l’expérience transitionnelle soudanaise a été étouffée dans l’œuf.

Grâce à une «balance» à une taupe ou traitre, c’est selon, le putsch a donc échoué et plusieurs arrestations de militaires et civils renégats ont été opérées. Tout semble avoir fuité depuis le casernement militaire d’Al-Shajara, où s’était rendu le général Al-Burhan en personne, et le premier ministre et très expérimenté Abdallah Hamdok, ce qui a contribué grandement à contrecarrer cette action séditieuse, qui «aurait eu des conséquences destructrices pour l’armée, les forces régulières et le Soudan» dixit le patron du Conseil Souverain. Comment expliquer ce coup d’Etat au Soudan ? Soit la transition soudanaise s’avère corsée et depuis le 20 août 2019 qu’elle s’est ébranlée, elle a toujours été lestée de boulets, caractérisée par la persistance des vieilles scories de l’interminable règne d’Omar-El Béchir. Situation politique difficile donc avec un pouvoir intérimaire tracté par des militaires et des civils sous le chapeau d’un Conseil de Souveraineté dirigé par Abdel Fattah Al-Burhan, mais aussi estampillée par une économie exsangue, que tente de biberonner le FMI avec une potion à l’évidence amère, puisque rejetée par les Soudanais, qui ne cessent de marcher contre. Réductions des subventions et monnaie flottante exigées en effet par l’institution de Bretton-Woods n’y feront rien, le quotidien des Soudanais s’est drastiquement détérioré, depuis la chute de Béchir, dont l’élément déclencheur a été les émeutiers du pain, courant l’année 2018.

Si le pays était abonné aux coups d’Etat, depuis celui de El Béchir en 1989, et sa destitution le 11 avril 2019, les Soudanais semblent avoir opté pour l’Etat de droit. A un an de la fin de cette transition cahoteuse, mais transition voulue et imposée par les Soudanais eux-mêmes, à quoi aurait servi un tel arrêt ? Grande question sauf à tirer le Soudan encore vers le bas.

Néanmoins, ce coup de semonce montre à souhait que beaucoup de choses restent à être réglées, que peut-être les attentes des Soudanais n’ont pas trouvé réponse. Une transition est par essence, une période propice pour remettre de nombreux compteurs à zéro, aplanir les divergences, corriger les injustices, redonner espoir aux populations. Est-ce le cas au Soudan ? Apparemment la réponse est négative. Le Conseil Souverain a encore une année pour convaincre, pour montrer que le pouvoir qui viendra sera meilleur et que les citoyens auront un mieux-être. C’est le seul paravent contre des actions désespérées ou revanchardes tel ce putsch manqué du 20 septembre.

La rédaction

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