CPI : Le 6 mars pourrait être ‘’maïs’’ pour Gbagbo et Blé Goudé

CPI : Le 6 mars pourrait être ‘’maïs’’ pour Gbagbo et Blé Goudé

Ça y est : hier jeudi 12 février 2020 à la CPI sise à La Haye (Pays Bas) le verdit en appel a été mis en délibéré pour le 6 mars prochain. Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé pourraient être acquittés de toutes les charges qui pesaient sur eux depuis 2011 !

Jusqu’ici, la Cour dit niet à toute prolongation de leur séjour au travers d’un rejet pur et simple de l’appel de maintien en détention ! Ces deux figures de proue du FPI seront donc bientôt libres de leurs mouvements si la CPI décidait de les «innocenter«. En tout cas, depuis hier, la nouvelle fait le bug sur le Net, couler beaucoup d’encre et de salive en terre d’Eburnie ainsi que partout ailleurs dans le monde. Parce qu’une fois acquittés, Laurent Gbagbo et Blé Goudé pourront regagner tranquillement la Côte d’Ivoire, en accord sans doute avec le collège d’avocats ayant assuré de bout en bout et avec pugnacité leur défense de 2011 à 2020 ! Sauf qu’une fois sur place, ils pourraient être placés ipso facto sous mandat de dépôt et écroués à la MACA (Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan). Pour avoir été déjà condamnés en appel à vingt (20) ans de prison ferme l’année dernière par la justice ivoirienne dans l’affaire de plusieurs milliards de francs CFA de la BCEAO, avec pour vedette centrale Sia Poppo Prosper !

Compte-tenu toutefois du grand besoin de réconciliation nationale sans cesse prônée ici par toutes les forces vives de la nation, le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, ne pourrait-il pas accorder à ces deux têtes de pont du FPI une grâce présidentielle afin de leur permettre de participer de plein fouet aux élections d’octobre 2020 ? Une telle amnistie, similaire à celle accordée à l’ex-première dame Simone Ehivet Gbagbo en 2018 qui bénéficie d’une escorte après sa condamnation à vingt (20) ans de réclusion criminelle, ne pourrait-elle pas contribuer à la décrispation de la situation politique, devenue davantage délétère depuis l’éviction de Guillaume Soro de son fauteuil de chef du parlement en 2019 ?

Certes, le député de Ferkessédougou, premier candidat déclaré à la présidence, a été privé il y a un mois de son immunité parlementaire. Mais, rien n’indique qu’il pourra être admis à concourir, victime qu’il est, d’un mandat d’arrêt international émis par la justice, officiellement pour «tentative de déstabilisation des institutions républicaines» et «dissipation d’un milliard et demi de nos francs». Mais, l’espoir reste tout de même permis si ADO décide d’élargir tous les candidats potentiels à la présidentielle de 2020, Gbagbo et Konan Bédié y compris ! Ce, même après le toilettage de la Constitution en cours voulu et souhaité par le RHDP au pouvoir !

En attendant cette chaleureuse main tendue du chef de l’Etat qui ne manquera pas d’apaiser tous les cœurs et de baisser le mercure, force est de reconnaître que le 6 mars prochain, lorsqu’ils auront été complètement relaxés par la CPI, les anciens bagnards de la prison de Scheveningen, Gbagbo et Blé Goudé, risquent de se retourner un jour contre l’Etat ivoirien pour les avoir fait «accuser à tort» ! En effet, leur transfèrement à La Haye était lié à de fortes suspicions de «crimes de guerre» et de «crimes contre l’humanité». 

Si donc au terme de plusieurs années de procédures, de multiples reports, de débats houleux et contradictoires, d’invectives de toutes sortes, les juges de la CPI venaient à les blanchir, les lavant ainsi de tout soupçon, la donne politique pourrait changer fondamentalement en terre d’Eburnie ! N’en déplaise à la procureure générale de la Cour, Fatou Bensouda et au camp RHDP ! D’où ces sempiternelles questions : à qui doit-on les 3 000 morts de 2011 ? Des camps Gbagbo, Ouattara, Wattao-Guillaume Soro, lequel peut les avoir perpétrés ? De quelle manière ? Au moyen de quels moyens ? Avec la tacite complicité de quelles mains invisibles ?

Dans un tel flou pour le moins irrévérencieux, la présidentielle d’octobre 2020, pourrait-elle être autre chose que du «maïs«, pour paraphraser le «Woody de Mama»?

Evidemment, les réponses à ces questions relèvent à la fois de l’inconnu et de l’incertitude du lendemain. Car, Gbagbo et Blé Goudé ont été condamnés par la justice ivoirienne. Si retour à Abidjan il y a, ce sera la case prison ou un arrangement ?

Mais une chose est et demeure sûre : si Laurent Gbagbo, Konan Bédié et Guillaume Soro font bloc contre le RHDP d’Alassane Ouattara, leur candidat aura toutes les chances d’être élu à une majorité très confortable, dès le premier tour ! Suite du puzzle pour compter du 6 mars 2020 ? Of course ! Et ce sera probablement le «coup K.O.» comme disent les présidentiables ! Parce que très précisément, «Il n’y aura rien en face ; il n’y aura que du maïs» ? En somme, un scénario à la béninoise et à la sénégalaise ? Wait and see.

La REDACTION

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