Création de «2 zones d’intérêt militaire» au Burkina : Damiba opte pour la guerre totale au Sahel et à l’Est

 Création de «2 zones d’intérêt militaire» au Burkina : Damiba opte pour la guerre totale au Sahel et à l’Est

Ce lundi 20 juin le palais présidentiel de Kosyam du Burkina avait les allures d’un casernement militaire tant ça grouillait de soldats, sauf que tous quasiment avaient les épaules garnies soit d’étoiles, soit de nombreuses barrettes, signe de général, colonel, colonels-majors, lieutenant-colonel, commandant …les soldats de rang étaient rares!

La haute hiérarchie avait été conviée par le maître des lieux, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba pour un conseil de guerre assez spécial puisqu’une grande décision qui pourrait changer le visage de la sécurité en tout cas qui a pour vocation d’éradiquer le terrorisme qui gangrène 40% du territoire burkinabè, une grande décision de haute portée a donc été prise : l’érection de 2 zones d’intérêt militaire ou toute «présence humaine est prohibée» à l’Est et au Sahel du Burkina. A cela, s’ajoutera la levée d’une Brigade de veille et de défense patriotique en fait une nouvelle Brigade de VDP, dont le rôle sera dévolu au renseignement, une des faiblesses insignes dans la lutte contre le terrorisme au Burkina.

La première enclave englobe la quasi-totalité des réserves de l’Est d’une superficie de 37 758 km2, notamment les forêts protégées d’Arly, de Pama, du Parc national W, de Singou, de Madjoari, et de Koutiagou.

La seconde zone interdite aux civils, celle du Sahel, couvre la province du Soum jusqu’à la frontière avec le Mali, et est grande de 12 205 km. Ces 2 entités géographiques sont désormais entièrement dévolues à des opérations militaires, et aucun civil ne devait s’y aventurer, au risque d’être une victime collatérale, à moins qu’il ne veuille se suicider ! Damiba, à 2 mois de l’échéance de son serment d’en finir ou de réduire l’insécurité à sa portion congrue a opté pour la «guerre totale».

C’est un jargon militaire qui signifie que les populations qui vivent dans les zones infestées par les terroristes seront convoyées ou exfiltrées vers d’autres cieux pour que l’armée puisse bombarder lesdites zones dégagées. L’objectif est d’éviter tout regroupement entraînement ou exactions des terroristes qui y sont.

Et c’est une méthode très connue lors des guerres surtout «batardes» comme celles qui frappent le Sahel : isoler des «bled» où il y a de nombreux nids terroristes, faire sortir les populations civiles et y déverser des salves nourries de tirs. Et après le feu du ciel, c’est le contact au sol, la logique de la guerre classique c’est-à-dire aller dénicher les terroristes rescapés touffe après touffe, bosquet après bosquet arbuste après arbuste.

En clair, cette guerre totale que s’apprête à lancer Damiba est une guerre de siège, dont les exemples emblématiques restent Grozni et Falloudjah.

En Afrique, dans les années 90, l’ex-président guinéen, Lassana Conté qui était en butte à une rébellion à sa frontière libérienne avait adopté cette guerre totale et était venu à bout de cette rébellion en gestation.

Le chef suprême des armées burkinabè a décidé de la guerre à outrance à l’Est et au Sahel, pour éradiquer l’hydre terroriste. Et on espère que Damiba ira vite, car la guerre totale, doit être un Blitkriez, une guerre menée sur les chapeaux de roue car elle n’est pas sans risque puisqu’outre les victimes collatérales, il y a celui que les terroristes s’adoptent à la manœuvre et quittent aussi ces lieux à bombarder, en se fondant avec les populations évacuées, pour aller attaquer les grandes agglomérations.

La guerre totale doit être une guerre-éclair, rapide, pour espérer détruire les infrastructures terroristes ou rebelles, et leurs cadres. Et on imagine qu’avant d’annoncer ce 20 juin cette stratégie, les FDS sont déjà à pied d’œuvre, et les 2 zones d’intérêt militaire, sont quasiment bouclées, afin d’empêcher les vases communicants, au Burkina, les capacités des FDS étant limitées et ne permettant pas de faire le tout simultanément. Car il faut prendre en charge les populations à déplacer et leur donner de nouvelles terres pour leurs activités.

C’est un véritable effort considérable de délocalisation-rélocalisation. Frapper l’ennemi sur ses pénates et rapidement tout en veillant à extirper les populations civiles de là. C’est un défi qui pourrait même être déterminant dans la lutte contre le terrorisme, avec ces cas de l’Est et du Sahel, vaste de presque 5 000 km2 dans l’ensemble. Une stratégie avec un risque calculé ? En tout cas, on peut dire que Damiba monte encore d’un cran dans sa volonté de vaincre les djhadistes. Pour quels résultats ? On le verra d’ici là ! 

La REDACTION

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