Crise politique au Mali : La CEDEAO au milieu d’un guet fangeux

Crise politique au Mali : La CEDEAO au milieu d’un guet fangeux

Ce que proposent les missi dominici de la CEDEAO, c’est une solution à minima : une reprise partielle des législatives concernant une trentaine de sièges, dont le moindre n’est pas celui de l’occupant du perchoir Moussa Timbiné. Et surtout de nouvelles têtes à la Cour constitutionnelle dont 4 ont déjà rendu le tablier sur les 9.

Mais quid des autres revendications matricielles du M5 ? L’Article 39 relatif aux émoluments des enseignants a été satisfait par la bouche du président IBK. Mais il reste les problématiques sanitaire, sécuritaire et de la corruption jugée endémique.

Le gouvernement «d’union nationale» ? «Le M5-RFP n’est ni demandeur, ni preneur», rétorquent ses dirigeants.

Même dans le camp du pouvoir, le président de l’Assemblée nationale n’est pas «chaud» pour des législatives partielles, mais pour une autre raison : les manifestants veulent ébranler les institutions et sont en intelligence avec les djihadistes ! Martèle-t-il.

Constat d’évidence donc : les envoyés spéciaux du président Mahamadou Issoufou, tentent de trouver une médiane, mais leurs propositions n’agglomèrent pas la totalité des desiderata soulevés par les manifestants qui ne jurent que par l’imam Dicko. On en convient : le départ d’IBK n’est pas nécessairement la solution pour 2 raisons :

Ce sera un précédant assez fâcheux, qu’un mouvement politico-religieux «chasse» un président démocratiquement élu.

Mais aussi même si le premier mandat d’IBK a beau avoir été catastrophique, et si le second est sous de mauvais auspices depuis des mois, il n’est pas sûr de trouver au pied levé, ce Périclès malien qui rendra le pays invincible, à l’abri de tout comme la Perse !

La cavalerie de la CEDEAO devra donc aller mieux concocter d’autres solutions qui comblent la volonté des différents protagonistes : Sauver IBK et le Mali, tout en calmant la bronca des milliers de populations qui ne veulent plus des éternelles chaises musicales, avec un premier ministre par an comme au 1er mandat, mais un gouvernement apte à améliorer leur quotidien. Les Kalla Amkourao, Ally Coulibaly respectivement ministres des Affaires étrangères du Niger et de la Côte d’Ivoire et Jean-Claude Kassi Brou, président de la Commission de la CEDEAO, ont élagué quelques problèmes, mais l’essentiel reste en l’Etat. Et le peuple est versatile par essence.

Voici la CEDEAO au milieu d’un guet fangeux ou la moindre glissade s’avère périlleux, et s’il faut saluer cette initiative, il faut encourager l’Organisation sous-régionale à considérer la crise malienne sous l’angle holistique, ce serait le début à une accalmie durable et à un Mali réconcilié avec lui-même.

La REDACTION

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