Crise togolaise : Akufo et Alpha en quête de la panacée

Crise togolaise : Akufo et Alpha en quête de la panacée

Les protagonistes de la crise togolaise vont-ils donner raison à ceux qui étaient circonspects voire pessimistes quant au dialogue togolo-togolais, arbitré par Nana Akufo Addo, le chef de l’Etat ghanéen ?

Après le semblant de bon départ de la première semaine, suivi de certaines mesures dites d’apaisement, notamment la libération de prisonniers embastillés pour cause de violences ou d’incendiaires de marchés, après ces petites embellies, le poussif dialogue a évolué de mal en pis : la preuve par le jet de lacry, course-poursuites ce 14 avril, sur les militants de l’opposition qui voulaient braver l’interdiction de manifester du pouvoir. Déjà à cette étape, il faut signaler que si les Jean-pierre Fabre, Tikpi Atchadam et autre Brigitte Ahomagbè ont lâché leurs ouailles dans les rues, malgré l’oukase gouvernemental c’est que le fil de la palabre s’effiloche chaque jour et risque la rupture d’ici à là.

Le pouvoir joue la montre, soufflant le chaud et le froid et n’est pas favorisé par de précédents dialogues-impasses.

L’opposition elle aussi, jusqu’au-boutiste, et n’ayant confiance aucunement au pouvoir, et flairant qu’une sorte de piège à la cons, se referme petit à petit sur elle, renâcle.

Le nœud gordien de ces positions parallèles demeure l’article 59 de la loi du 14 octobre 1992, qui fixe le mandat présidentiel à 1 an renouvelable 1 fois. Le retour à cette clause enjoint le président Faure Gnassingbé de faire ses paquetages en 2020, selon l’opposition.

Pas question ! Rétorque le pouvoir qui est adossé au sacro-saint principe de toute loi qui dispose pour l’avenir. Autrement dit, Faure peut bien rempiler en 2020 et même 2025, si la Loi fondamentale de 1992 est adoptée.

C’est cette remise des compteurs à zéro, de celui dont le père totalise déjà 38 ans de règne qui ne guérit pas l’urticaire des opposants.

Certes Nana-Akufo Addo maîtrise le sujet togolais, malheureusement, la confiance ne règne plus entre les deux camps.

Et si son homologue guinéen est appelé à la rescousse en fait, c’est l’officialisation d’une médiation qu’effectuait déjà le président Alpha Condé qui dès le départ, s’est beaucoup investi, d’abord par son émissaire Tibou Camara, puis par lui-même en personne.

La CEDEAO, a raison d’adjoindre le n°1 guinéen dans cette palabre au Togo, sauf que le plus cocasse dans tout ça est que Faure qui a besoin d’un médiateur chez lui fait partie du triumvirat de… médiateur en Guinée-Bissau. Les crises étant différentes, soit, mais quand le feu s’est déclaré chez soi, peut-on être serein, fut-on président en exercice de la CEDEAO, pour aller voir ailleurs ?

Il se pourrait même qu’un troisième (3e) médiateur soit convié, notamment l’Ivoirien Alassane Dramane Ouattara chez qui Faure a fait un séjour le 3 avril dernier. Tous ces 3 chefs d’Etat sont régulièrement au chevet du Togo. Comment Akufo et Alpha résoudront-ils cette quadrature du cercle togolais ? Quelle panacée pour une crise qui se durcit chaque jour ? Personne ne peut répondre à cette question. Le terrain seul édifiera chacun.

La Rédaction

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