De La Haye à Paris, d’un procès, l’autre : Un massacreur de Darfouris et un ex-patron de l’IAAF à l’heure des soldes judiciaires

De La Haye à Paris, d’un procès, l’autre : Un massacreur de Darfouris et un ex-patron de l’IAAF à l’heure des soldes judiciaires

Le bourreau a toujours eu peur du gourdin, le même qu’il usait pour exécuter ses victimes. Aly Kushayb 70 ans sonné après avoir tué plus de 200 Darfouris et contraint 400 mille d’entre eux à se déplacer dans le Soudan d’Omar El Béchir, a trouvé le moyen de traverser la frontière de la RCA, pour se réfugier à Birao où il coulait des jours tranquilles depuis des années. Recherché par la CPI depuis plus de 15 ans, ce n’est que le 8 juin dernier que ladite juridiction a pu mettre la main sur ce bras séculier de Omar El Béchir sur la tête de laquelle pèsent 50 chefs d’inculpation, 22 pour crimes contre l’humanité, et 28 pour crimes de guerres, commis lors de la terrible guerre du Darfour de 2003 à 2004.

Le prévenu après avoir essuyé 3 refus des juges relatifs à son nom (Ali Mahammad Ali Abd-Al-rahmann, au lieu de Ali Kushayb, une minute de silence pour ses victimes, et la non-lecture des charges) s’est donc vu égrener les crimes, que ce boucher djawdjawid a commis du temps où il faisait la pluie et le beau temps, à la tête de spadassins arabes.

Cette 1ère comparution d’un homme du sérail gouvernementale est une première aussi et un début de justice pour ces Darfouris dont le pogrom est tombé dans l’oubli, lorsque régnait El Béchir. Du coup, l’éventualité qu’un jour l’ex-chef d’Etat lui-même, prenne le chemin de la prison de Scheveningen est évoquée.

De même que 4 autres ministres, même si pour El Béchir les autorités soudanaises privilégient la justice nationale qui l’a d’ailleurs condamné à 20 ans. La confirmation des charges le 7 décembre prochain permettra de rentrer dans les détails de ces tueries de masses, que coordonnait Ali Kushayb contre des villages darfouri. Crimes et châtiments attendent donc le septuagénaire qui a endeuillé tant de familles au Soudan.

A quelques milliers de kilomètres, de La Haye, plus précisément à Paris un octogénaire, lui-là se débattait face à des juges, pour des comptes et mécomptes effectués à la tête de l’IAAF : Lamine Diack, à 3 jours du verdict de son procès, a dû répondre aussi pour son fils Papa Massata Diack, absent du tribunal.

Commissions exorbitantes, recel, abus de confiance le Tout-puissant patron de l’IAAF de 1999 à 2015, a eu hier du mal à étoffer sa défense, face à des questions pointues, si fait que son avocat, Me William Bourdon a dû venir à la rescousse pour suggérer, que le 4e et dernier mandat de Diack père était de trop, constat acquiescé par l’homme de 87 ans !

Tel père tel fils ? Lamine Diack a dû aussi défendre son rejeton Papa Massata Diack, demeuré à Dakar, mais la double casquette de négociateur et de consultant de ce dernier qui lui permettait de manger à 2 râteliers n’a pas échappé au tribunal, lequel fils a d’ailleurs alimenté les comptes du Pater avec 600 000 Euros crédités par lui.

Dans 48 heures, c’est-à-dire ce jeudi 18 juin, le tribunal dira si Diack et son fils ont délibérément retardé fin 2011, des sanctions disciplinaires contre des athlètes russes soupçonnées de dopage, contre fortes contreparties sous forme de contrats de sponsoring.

Quel que soit le verdict, condamnation pleine, avec sursis, non-lieu, ou autre, ce procès aussi fera date, et permettra désormais un minimum de transparence dans les différents sports, ou contrats léonins, vols, escroqueries sont pratiqués.

La REDACTION

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