Décès d’Amadou Soumahoro, président de l’AN en Côte d’Ivoire :  «Cimetière» rebat les cartes pour Ouattara

Décès d’Amadou Soumahoro, président de l’AN en Côte d’Ivoire : «Cimetière» rebat les cartes pour Ouattara

Quelle idée de  vous coller un tel sobriquet que «Cimetière», surnom de Amadou Soumahoro, président de l’Assemblée nationale ivoirienne, qui vient de rejoindre ses ancêtres. Ce samedi 7 mai 2022 à l’âge de 68 hivernages? Même avant que la maladie qui le rongeait le rende grabataire, malgré de multiples séjours médicaux en France et en Turquie, «Cimetière» accolait à Amadou Soumahoro, qui a donc fini par rejoindre le lieu éponyme qu’il traîne depuis des lustres, pour  la plus grande satisfaction indécente de ses adversaires politiques. Quoiqu’on dise, c’est Alassane Ouattara qu’il faut plaindre, car les Parques (fameuses tisseuses du Destin) ont coupé en 3 années consécutives (2020-2021 et 2022), le fil de la vie de 3 de ses fidèles parmi les fidèles: Gon Coulibaly, Hambak et Soumahoro. Même pour une personne au mental solide, comme Ouattara ça vous courbe l’échine ! C’est véritablement un précieux allié de Ouattara qui s’en va ainsi, car 40 ans de compagnonnage le lient au chef de l’Etat ivoirien, lequel dans un tweet, a rendu «hommage à un grand homme d’Etat, un valeureux fils» de la Côte d’Ivoire, et à «un ami loyal et fidèle».

Maire de Séguela, ministre et puis président de l’Assemblée nationale depuis 2019, l’homme, régulièrement malade n’a jamais pu habiter la fonction de patron de la Basse chambre et les cyniques trépignaient d’impatience pour qu’il passe l’arme à gauche pour libérer le Tabouret.

A qui reviendra d’ailleurs ce tabouret tant convoité ? Evidemment, Adama Bictogo (vice-président) depuis des lustres, y songe chaque matin en se rasant. Le 1er responsable du RDR, lui aussi fidèle lieutenant de Ouattara, pense que son heure est venue d’occuper ce perchoir, objet de ses rêves secrets et même souvent affichés. Seront-ils satisfaits ? Rien n’est moins sûr. La disparition du président de l’Assemblée nationale, après le remaniement ministériel du 20 avril 2022 et la nomination de Tiémoko Meyliet Koné comme vice-président, cette disparition permet au président Ouattara de rebattre les cartes politiques. Car plus que jamais, le chef de l’Etat ivoirien veut rester maître du jeu, et l’échéance de 2025 est à ses yeux, son dernier combat, l’épilogue de plus de 50 ans dans le marigot politique ivoirien. Passage de témoin ou continuité avec lui Ouattara ? Rien n’est plus à écarter, car s’il est en train de rassembler certains poulains dans son écurie, pour les observer et voir à qui, il peut faire totalement confiance pour ses compétences et sa fidélité, afin d’œuvrer à ce qu’il gagne la présidentielle de 2025, et le nouveau vice-président serait à ce qu’on dit  un potentiel dauphin, si ce scénario est peut-être dans la tête de Ouattara, ce dernier n’exclut rien. Y compris payer encore de sa propre personne ?

Sauf également, cette plausible modification de la Constitution qui fixera, l’âge plafond des présidentiels à 75 ans, une Loi, qui serait dans les tuyaux et qui écarterait de facto Henri Konan Bedié, Laurent Gbagbo et lui-même Ouattara. Encore faut-il trouver le président de l’Assemblée, qui pourra faire ce boulot de concert avec la Chambre haute le Sénat, quasi-acquise.

C’est dire que c’est une mort, celle de Soumahoro Amadou, qui intervient à un moment où le redecoupage du paysage politique, s’effectue mais où le RHDP en place se donne toutes les chances de garder le pouvoir en 2025 . 

La REDACTION

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