Décès de Albert Tévoédjrè au Bénin : Il a servi, existé et compté

Décès de Albert Tévoédjrè au Bénin : Il a servi, existé et compté

Il ne goûtera pas à la grande fête préparée à son honneur pour célébrer avec la manière ses 90 ans. Albert Tévoédjrè a tiré sa révérence. Le Bénin vient de perdre l’une des figures les plus importantes et marquantes de son histoire politique, de ces 40 dernières années dont il a été un témoin et un acteur impactant.

Il a voué son existence à servir son pays et à compter pour sa nation. Au soir de sa vie, l’ancien fonctionnaire du Bureau international du travail, n’aura pas à avoir honte de son parcours. Dans la grande marche vers la construction démocratique, les Béninois lui doivent de nombreuses briques.

Grand orateur devant l’Eternel, il a figuré parmi les premiers à réclamer l’ouverture démocratique dans ce pays. Et la conférence nationale de 1990 n’aurait pas trouvé meilleur rapporteur pour défense ses conclusions que lui.

Même si la présidentielle ne lui a pas souri (la présidentielle de 1991 n’a pas été affable avec sa candidature), la scène politique ne lui est pas étrangère et les acteurs de la faune politique savent très bien qu’il valait mieux ne pas avoir affaire avec ses piquants.

Le Bénin figure aujourd’hui parmi les pays qui ont un bon rapport à la démocratie. Cette réputation, le pays le doit à une population mature, mais aussi et peut-être surtout à des hommes qui ont de hautes et grandes idées pour leur destinée et celle des générations à venir. C’est bien souvent sur les épaules de ces grands rêveurs au grandes idées et aux projets qui caressent parfois l’utopie que les grandes nations se construisent et s’élèvent. «L’homme de Djergbè» était l’un d’eux.

Il a fallu qu’il croit que le Bénin peut vaincre la fatalité pour que les leviers s’actionnent pour siffloter la symphonie de la conférence nationale de 1990.

Sa disparition intervient au moment où le Bénin vit des moments assez difficiles avec une crise post-électorale et une situation économique inquiétante avec la fermeture des frontières du Nigeria.

 Il ne reste plus qu’à pianoter sur les touches de l’espoir que les héritiers de ce héros sachent gérer en bon père de famille cet héritage. En attendant, Albert Tévoédjrè a fait sa part de boulot sur terre. Il se savait mortel, mais aura vécu en immortel ! Que l’âme du héros repose en paix.

Ahmed Bambara

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