Décision de la Cour d’Appel de Paris de transférer  Félicien Kabuga à Arusha : Vite, le temps est l’allié du bourreau-milliardaire des Mille Collines !

Décision de la Cour d’Appel de Paris de transférer  Félicien Kabuga à Arusha : Vite, le temps est l’allié du bourreau-milliardaire des Mille Collines !

Alpagué le 16 mai dernier à paris après 25 ans de planque dans divers pays, et avec plusieurs identités, le Pol-pot milliardaire du Rwanda de 1994, a comparu hier devant la cour d’appel de Paris, qui lui a signifié qu’il sera transféré à l’ex TPIR, transformé en Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), sis à Arusha en Tanzanie.

Un délibéré attendu, et sans surprise de la cour d’appel de Paris, qui a tranché techniquement sur la juridiction qu’elle juge habilitée à connaitre des chefs d’accusations qui pèsent sur celui qui a utilisé sa fortune pour acheter un millier de machettes, des munitions, et des uniformes pour armer les interarmhwes, et inciter sur la Radio des Milles collines, à commettre l’holocauste d’avril à juillet 1994. Si le «Adolf Eichmann» du Rwanda, prend doucement mais inéluctablement le chemin de cette justice à compétence universelle qu’est le MTPI, on le doit d’abord à l’opiniâtreté du collectif des parties civiles pour le Rwanda, à Ibuka-France et à Survie des organisations droits-de-l’homistes.

Mais aussi à une promesse du président français, Emmanuel Macron, qui en 2019 a déclassifié les archives françaises sur le Rwanda (1990-1994) et dégager des moyens judiciaires pour la poursuite des génocidaires. Ce n’est pas rien !

Les visages des rescapés, des parents et amis du pogrom  rwandais se dérident avec cette esquisse pour le procès mais pas trop, car à décision attendue, défense préparée. Les avocats de Kabuga vont se pourvoir en cassation, devant la Cour éponyme et ils ont 5 jours pour le faire, à charge pour cette Cour de délibérer dans 2 mois.

Or la défense table sur l’âge, la santé chancelante de l’incriminé pour qu’il soit jugé à défaut à Paris, ou à tout le moins à la Haye, où existe une succursale du TPIR, et où il pourrait bien se soigner. Argumentaire balayé par les parties civiles qui estiment qu’un procès de Kabuga si elle ne se déroule pas à Kigali, où il est l’auteur des milles fosses communes, qui jonchent ce pays, donc à tout le moins au Rwanda, la Tanzanie est tout indiquée car frontalière au Rwanda.

L’un des bourreaux en chef du génocide, veut donc des conditions idoines pour son procès et une plateforme sanitaire idoine au cas où.

Kabuga préfère même Paris et cela ferait sourire si cet octogénaire, qui est resté impassible dans sa chaise roulante, hier 3 juin devant les juges d’appel de Paris, cela donnerait à sourire, s’il n’y avait pas toutes ces preuves, que cet homme est un monstre qui est à l’origine de la mort de 800 milles tutsis et hutus modérés. Le bourreau qui a peur de mourir de maladie, genre covid-19 ! Oublieux lui qu’il a envoyé des milliers de ses compatriotes à une mort atroce à Kigali, sur les collines de Makala et Bissecero. Cependant, ceux qui voudraient voir, ce Kmer noir menotté et dans le box du MPTI, fissa, devront patienter, car que ce soit à Arusha, où vraisemblablement, il sera jugé ou si par volte-face, la Cour de cassation indiquait Paris ou la Haye, cela prendra du temps. Le temps, voilà ce qui jouera contre cette justice internationale, en l’occurrence anglo-saxonne qui a ses procédures, ses règles qui ne tiennent pas compte du temps, et de l’outrage de ce sablier qui impacte sur Kabuga. Il a 84 ans, et n’est ingambe, il n’a plus bon pied, bon œil, et les pinailleries procédurales et même politiques devront s’effacer rapidement pour qu’il y ait procès. Cet homme est aussi une boite noire du génocide rwandais, et plus vite il parlera, mieux on connaîtra une part de la vérité des évènements post-désagrégation du Falcon du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994. Ce même temps s’avère un précieux allié pour l’inculpé. Car une disparition de Kabuga sans procès serait une prime à l’impunité.

Or un jugement de Kabuga ouvrira la voie à celui d’autres notamment ceux de l’Akazu, ce noyau dur constitué d’escadrons de la mort qui était agrégé autour d’Agathe Habyarimana ; et bien d’autres tels Hyacinthe Rafiki, ex-ministre de Juvénal.

C’est dire qu’il y a loin la décision de ce transfèrement de Kabuga à Arusha, à son procès devant cette cour, la logique juridique, ou biologique pouvant changer le cours des choses. Ce qui en rajouterait aux meurtrissures des affectés de la tragédie rwandaise de 94.

Pélagie OUEDRAOGO

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