Démission du premier ministre Abballah Hamdok au Soudan : Que c’était trop beau pour être vrai

Démission du premier ministre Abballah Hamdok au Soudan : Que c’était trop beau pour être vrai

La cohabitation n’a duré qu’un mois avant qu’Abdallah Hamdok, ne se résolve à quitter la barque. Moins de deux mois après avoir été autorisé à quitter sa résidence surveillée et après avoir été remis en selle par les maîtres de Khartoum, le chef du gouvernement soudanais a rendu le tablier.

Dans un discours télévisé, prononcé le dimanche 2 janvier 2022, le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok a annoncé sa démission en raison de la «fragmentation des forces politiques et des conflits entre les composantes de la transition». «J’ai tenté de mon mieux d’empêcher le pays de glisser vers la catastrophe, alors qu’aujourd’hui il traverse un tournant dangereux qui menace sa survie (…) au vu des conflits entre les composantes de la transition», a-t-il expliqué. «Malgré tout ce qui a été fait pour parvenir à un consensus, cela ne s’est pas produit», a regretté Abdallah Hamdok, 65 ans.

Le mot est lâché. De guerre lasse, Abdallah Hamdok a fini par lâcher prise. Ainsi, l’homme a fini par se rendre compte qu’il était embarqué dans une aventure sans lendemain. Cette démission rendue public au soir d’une nouvelle journée de manifestation sanglante (trois personnes tuées) était dans les tuyaux et la rumeur sur l’éventualité d’un jet d’éponge d’Hamdok enflait déjà à Khartoum. Du reste, selon la presse locale, l’homme avait depuis plusieurs jours cessé de se présenter au bureau.

Très controversé depuis sa reconduction à la tête de l’exécutif soudanais, vilipendé et conspué par la rue qui le considérait comme le traitre de service pour favoriser le retour de l’ancienne garde, Hamdok n’avait pas la bonne fortune avec lui. Face à la contestation qui ne faiblit pas malgré la féroce répression que l’armée abat sur les manifestants, tout portait à croire qu’il ne ferait pas long feu à son poste en dépit de sa supposée «bonne foi».

Retour manqué donc, pour Hamdok mais au-delà de sa personne, c’est tout le Soudan qui se trouve plongé dans une impasse politique. Désormais seul à bord, le général Abdel Fattah al-Burhan et ses sicaires peu enclins aux valeurs cardinales des droits humains disposent d’un boulevard pour poursuivre leur forfaiture. Il faut donc craindre le pire dans les prochains jours car la junte semble plus que jamais déterminée à garder à tout prix sa chose.

Davy Richard SEKONE

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