Dépot candidatures en RDC : Quelle short list pour le 19 septembre ?

Dépot candidatures en RDC : Quelle short list pour le 19 septembre ?

On peut dire que petitement et même à pas de caméléon, le compte à rebours de la présidentielle congolaise a débuté hier 25 juillet 2018, avec le début du dépôt des candidatures de la présidentielle du 23 décembre prochain. Chaque jour, la CENI affichera une liste actualisée de tous ceux qui se sentent des ambitions nationales. Côté opposition, il y a loin de l’annonce à un dépôt accepté des dossiers. Si les Félix Tshisekedi, Martin Fayulu, Vital Kamerhe et même pourquoi pas Nzanga Mobutu dont le cœur balance entre Bemba et Kabila, rassemblent les paperasseries pour postuler, il y a particulièrement deux autres candidats et pas des moindres dont les dossiers sont déjà en pointillée pour cause de démêlées judiciaires.

Il s’agit d’abord de Moïse Katumbi perclus à Bruxelles depuis une ténébreuse histoire de ventes d’immeubles mais aussi pour raison médicale après une tentative d’empoisonnement par un policier lors d’une marche. Privé de passeport et menacé d’être conduit de l’aéroport à la case-prison, dès qu’il atterrira à Kinshasa, l’ex-gouverneur de Katanga est tourmenté par un douloureux dilemme :

– rester à Bruxelles et donc être out pour ce combat dont il a toujours rêvé, le scrutin présidentiel

– ou retourner en RD Congo et se voir emprisonner. A vrai dire, pour quelqu’un qui veut être président, le choix ne se discute pas, car lorsqu’on est leader, on doit accepter un minimum de risque, et si Katumbi pense à tous ses militants, à tous ceux qui ont cru à lui, depuis des lustres, qui ont offert leur poitrail aux balles des seïdes du pouvoir et aux brimades diverses il doit rentrer, advienne que pourra, le pouvoir suprême est toujours lié à la vie… à la mort.

Le second personnage dont le dépôt de dossiers est hypothétique, est naturellement le patron du MLC, qui, après 10 années de prison à la CPI hume depuis le 8 juin dernier l’air de la liberté. Ce 24 juillet, face à une forêt de micros et de caméras à Bruxelles, il a confirmé ce que disait la SG du parti, Eve Bazaïba : il compte rentrer le 1er août prochain et faire acte de candidature pour le vote du 23 décembre. Le hic est qu’il y a la charge de subornation de témoins qui pend toujours sur la tête du chairman.

A moins que la justice congolaise considère que subornation n’est pas synonyme de corruption, car ce dernier vocable affublé à tout candidat, l’empêche absolument de se présenter.

Mais il n’y a pas que du côté de l’opposition que le 8 août, date de clôture du dépôt de candidatures donne l’urticaire. Même dans la Majorité présidentielle (MP) regroupée pour cette échéance en un Front commun pour le Congo (FCC) est turlupinée aux entournures. Et pour cause ! A cinq mois d’une présidentielle de tous les dangers, nul, sauf Kabila, ne sait qui sera le champion qui défendra les couleurs du FCC ?

Est-ce l’occupant du perchoir, Aubin Minaku ? Ou José Makila, ministre des transports et par ailleurs président des Républicains indépendants ? A moins que ce ne soit le Premier ministre, Bruno Tchibala ! ou même le dinausaure Kengo Wa Dondo?  Ou même le célèbre historien, Elikia M’bokolo, théoriquement de la société civile mais qui s’est mis tout comme les autres sous le magistère moral de Joseph Kabila. Ou peut-être et ce n’est pas une hypothèse d’école, Kabila lui-même qui, par une pirouette et au forceps, se mettra à vouloir obtenir ce mandat de trop.

Cependant, de nombreux analystes penchent pour le scénario Poutine-Medvedev qui trotte dans la tête de Kabila. Placer un homme-lige, mais rester le maître du Congo, et pourquoi pas dans sept ans, il aura 55 ans, il pourrait reprendre son fauteuil du palais de la Gombe. Qui et qui auront leurs noms sur la short list le 19 septembre prochain affiché sur le tableau de la CENI ? Pouvoir et opposition sont incapables de le dire. L’essentiel est que ce vote que les Congolais attendent avec impatience ait lieu, dans la paix et la transparence. Mais ça c’est une autre histoire.

Sam Chris

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