Dépôt de candidature d’Alpha Condé à la Cour  constitutionnelle : Du difficile devoir d’ingratitude des Sages

Dépôt de candidature d’Alpha Condé à la Cour constitutionnelle : Du difficile devoir d’ingratitude des Sages

Alpha Condé a déposé son dossier de candidature ce 3 septembre 2020. C’est donc officiel. Il est en lice pour ce troisième mandat, source de tant d’incertitudes en Guinée-Conakry. La Cour constitutionnelle a réceptionné son dossier, en attendant de passer par la voie de l’étude et de la proclamation des candidats qui auront satisfait à toutes les conditions.

Mais déjà, on ne se fait pas d’illusion. Sur la liste définitive, si le nom du président sortant n’y figure pas, c’est qu’il y aura un séisme d’une amplitude jamais égalée sur ce pays gorgé de richesses naturelles, mais qui tarde à décoller vers les cimes de son développement.

Car, on se demande bien quel obstacle cataclysmique pourrait conduire les grands juges à ne pas adouber sa prétention.  Pourtant, ils ont entre leurs mains, la possibilité d’empêcher l’ouverture d’une porte qui donne sur des temps de violences dans leur bien-aimée Guinée-Conakry. Il suffirait que Alpha Condé soit recalé pour que la fronde politique et sociale mette du vin glacé sur sa température élevée  et fonce vers l’ébullition volcanique. Certes, si les sages font cela, ils devront s’attendre bien évidemment à un retour de bâton. Le courroux du «vieux» sera à son comble et sa fureur pourrait être des plus houleuses.

Mais la tempête a de fortes chances, dans ce cas de figure, se limiter à un tourbillon dans un verre d’eau et les éclaboussures ne vont pas aller jusqu’à envoyer de nouveaux blessés guinéens à l’hôpital. Ou pire. Malheureusement, à part quelques rares hardiesses par ci et par là, rares sont les Cours constitutionnelles ou les Commissions électorales à avoir osé jusque-là lever le petit doigt pour remettre en cause des situations qui, à l’évidence, jurent, si ce n’est  contre le droit, mais au moins avec le bon sens, la démocratie et la légitimité.

Et voilà pourquoi les Cours constitutionnelles et les Commissions électorales se retrouvent le plus souvent être les causes des crises post-électorales. Ces institutions doivent désormais assumer cette part de responsabilité dans les dérapages qui surviennent dans les pays africains. De même que les dommages qui en résultent.

Ahmed BAMBARA

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