Dr Kwame Nkrumah, 50 ans après sa disparition  La nostalgie Osagyefo au Ghana

Dr Kwame Nkrumah, 50 ans après sa disparition La nostalgie Osagyefo au Ghana

Très peu de capitales  africaines n’ont pas une avenue, une place, un monument, une université, qui ne porte pas le nom du docteur Kwame Nkrumah. Père de l’indépendance de l’ex-Gold Coast, Kwame Nkrumah est  de la race des dirigeants qu’on peut qualifier de visionnaire, malgré quelques aspects dictatoriaux de son bref passage à la tête du Ghana.

Au milieu des années 64-65, il a institué le parti unique, ostracisé ses opposants, l’un d’eux mourra même en prison. Certains lui trouvent des circonstances atténuantes car mettant ce serrage de vis sur le compte de la guerre froide, qui ne lui a pas laissé le choix. Anticolonialiste dans l’âme, panafricaniste, qui ferait se cacher, nos actuels qui n’ont de panafricanistes que les invectives sur les réseaux sociaux et les diatribes sur les plateaux de télévision.

Kwame Nkrumah s’est frotté au William Dubois aux USA, a lu beaucoup d’ouvrages, et avait un cap pour son pays le Ghana. Usines, autoroutes, éducation, fierté de l’homme noir qui s’est vu réhabilité, et bataille inlassable pour l’unité de l’Afrique.

Son surnom d’Osagyefo «le rédempteur» n’est pas immérité, car il fut un grand dirigeant, et c’est pourquoi, après son renversement en 1966 par un quarteron de généraux, invoquant l’éphémère Union Guinée-Ghana-Mali, le président guinéen Ahmed Sékou Touré accueillera Nkrumah à Conakry et le fera «coprésident de la Guinée», agrémenté d’une des formules chocs dont a le secret l’homme du «Non» à l’homme du 18-juin «NKrumah et moi, nous vivons ensemble et nous mourrons ensemble». Vœux non réalisés hélas, Nkrumah mourra en 1972 à Bucarest en Roumanie, tandis que l’enfant de Faranah mourra à Cleveland aux USA en 1984. Le legs politique du Dr Nkrumah est qu’il a «ouvert» les yeux des Ghanéens et des Africains. Il était un leader, et croyait en ce qu’il faisait, et a fait rêver au-delà de son pays. Il a  vendu son rêve à l’Afrique !

L’Osagyefo, 50 ans après sa mort, reste vivace dans les mémoires des Ghanéens. Et quiconque se rend à son Mémorial où il repose à Accra auprès de son épouse Faith, constatera que les lieux ne désemplissent pas. C’est devenu un coin pour se ressourcer.

Nul n’est indispensable, et actuellement les présidents qui cultivent le culte de l’indispensabilité, en voulant rester ad vitam aeternam au pouvoir ont éludé le fait que l’Afrique est aussi orpheline de certains dirigeants. Dans ce panthéon, Nkrumah a sa place.

La REDACTION

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