Durée de la transition en Guinée : Les 36 mois qui divisent déjà !

Durée de la transition en Guinée : Les 36 mois qui divisent déjà !

C’est acté, la durée de la transition en Guinée est connue. Ce sera finalement 36 mois au lieu de 39 comme l’avait annoncé le colonel Mamady Doumbouya, le tombeur du Pr Alpha Condé, le 30 avril dernier.

En cette matinée du jeudi 12 mai 2022,  c’est par une écrasante majorité (3 voix contre et une abstention) que le Conseil national de la transition (CNT), l’organe législatif a opté pour le chronogramme soumis au vote. En attendant la «promulgation de cette loi», second acte qui devra entériner ce chronogramme, l’adoption des 36 mois fait des gorges chaudes. Ainsi, comme au Burkina Faso, où le calendrier semble avoir été accepté de tous, la Guinée s’apprête à la mise en route d’une transition de trois ans.

Légère baisse pourrait-on dire, mais  elle suscite déjà de vives réactions au sein de la classe politique guinéenne qui souhaitait que ce calendrier soit plus court. Il ne pouvait en être autrement quand on sait qu’au moment où cette loi était en étude au CNT, la coalition de partis politiques chapeautée par l’ex-parti au pouvoir, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) a exprimé des réserves et dénié au CNT la prérogative de fixer la durée de la transition. Pour cette coalition, il s’agit tout simplement d’une violation flagrante de la Charte de la Transition qui dispose que «la durée de la transition est déterminée d’un commun accord entre le CNRD et les forces vives du pays».

Depuis plusieurs semaines, les divergences de vue ne cessent de s’accumuler entre militaires et politiques. L’adoption de ce calendrier «non consensuel» pourrait constituer la goutte d’eau de trop. Aussi,  il n’est pas exclu que dans les semaines à venir, ces tensions débouchent sur des journées chaudes dans certains quartiers de Conakry et dans plusieurs autres villes du pays.  Le second front auquel les autorités guinéennes devront faire face est indéniablement celui de l’organisation sous régionale, la CEDEAO qui avait insisté pour que la transition soit courte et que des élections soient organisées dans un délai ne dépassant pas «six mois». Comme le Burkina Faso, la Guinée est sous la menace des sanctions de la CEDEAO qui suit de très près la situation dans ces deux pays. En attendant la prochaine Conférence des chefs d’Etat, le pouvoir guinéen devra rassembler de solides arguments pour justifier ce calendrier qui va assurément provoquer le courroux de l’instance sous régionale .

La rédaction

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