Elections 2020 au Burkina Faso J-2 : Week-end de charmes, stratégies  souterraines et de vigilance sécuritaire

Elections 2020 au Burkina Faso J-2 : Week-end de charmes, stratégies souterraines et de vigilance sécuritaire

Le 20 novembre 2020 à 23h59, le glas de la fermeture des portes de la campagne électorale sonnera au-dessus des toitures du Burkina Faso. Les partis politiques, regroupements d’indépendants, candidats à la présidentielle et aux législatives vont ranger affiches et boucan officiels de la campagne officielle pour s’enfoncer dans les…tunnels de la campagne officieuse. Celle-là où les dernières tractations, les ultimes opérations de séduction et les (peut-être) décisives rencontres vont dérouler leurs tentacules.

Il serait illusoire de croire qu’une fois le délai légal pour battre épuisé, les prétendants vont cesser de fourbir leurs charmes aux yeux des électeurs. Ce sera le branle-bas dans les états-majors. Aucun répit. Les négociations se feront désormais hors caméra, sans meeting tonitruant et dans une proximité plus «serrée» que celle employée par les candidats qui ont fait le choix de cette façon de faire la politique.

La loi l’interdit. Mais sous les tropiques, il y a ce que la loi dit et il y a ce que la réalité commande. Les gadgets, les «feuilles» et autres offrandes en nature peuvent difficilement se taire dans un contexte électoral africain. Trop de contingences (pauvreté, sous-développement, ignorance, certaines pesanteurs sociales) se liguent pour former une force difficile à combattre par la seule volonté d’appliquer les règles de la démocratie et de la décence électorale. Des  arguments au calibrage massue seront employés sans aucun doute dans cette fausse période creuse entre la fin de la campagne électorale et le jour du vote pour rallier les réticents, convaincre les plus irréductibles, faire basculer des inattendus et grignoter un peu chez l’adversaire pour essayer de s’assurer une victoire soit convenable soit confortable lorsque les cloches du 22 novembre 2020 sonneront la clôture des portes des bureaux de vote. L’argent va «circuler», les promesses électorales et même certaines alliances qui désarçonnent vont être nouées. Bref, aujourd’hui vendredi 20 novembre et demain samedi 21, jusque tard dans la nuit pour ne pas dire jusqu’aux aurores, il y aura beaucoup de visiteurs de nuit chez certaines personnes (leaders politiques et personnes ressources). C’est un week-end d’ailleurs qui peut faire basculer les résultats d’une élection dans une circonscription, les convictions étant toujours monnayables …

Mais ce n’est pas tout. Le déploiement de l’armada de vigilance sera aussi au rendez-vous. L’opposition politique a donné le ton. Elle crie qu’elle ne reconnaîtra pas les résultats s’il y a fraude. Ce qui signifie qu’elle va se battre sur le difficile terrain de l’intégrité, de l’honnêteté et du caractère incorruptible de ses représentants dans les bureaux de vote. C’est sans doute l’un des talons d’Achille des opposants en Afrique. La difficulté pour eux de trouver des vigies, des sentinelles qui vont ouvrir l’œil et le bon sur lors du  dépouillement et lors de la signature des procès-verbaux de compilation des résultats des votes. C’est généralement à ce niveau que l’esprit de l’être humain peut tenter de jouer avec la légalité, la dignité et l’honnêteté.

Les états-majors sont entrés en ébullition. Il reste juste à espérer qu’ils n’entreront pas en éruption et qu’il n’y aura pas de contestation de la victoire du gagnant. Et même si cela venait à arriver, que l’expression de colère, d’indignation ou de sentiment d’injustice se cantonne entre les digues de la légalité et de la force e la Justice institutionnelle.

Ahmed BAMBARA

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