Elections apaisées au Burkina : Le SEPAFAR s’interroge sur la contribution du citoyen

Elections apaisées au Burkina : Le SEPAFAR s’interroge sur la contribution du citoyen

«Quelle contribution du citoyen burkinabè pour des élections apaisées ?», c’est sur ce thème que le Service pastoral pour la formation et l’accompagnement des responsables (SEPAFAR) a organisé un panel, le dimanche 18 octobre 2020 au Sanctuaire Bethléem à la cathédrale de Ouagadougou.

 

Dans un peu plus d’un mois, se tiendront les élections présidentielle et législatives au Burkina Faso. Conscient de l’enjeu qui se joue, le Service pastoral pour la formation et l’accompagnement des responsables (SEPAFAR) a, à l’occasion de sa rencontre mensuelle, décidé d’organiser un panel sur le thème : «Quelle contribution du citoyen burkinabè pour des élections apaisées ?».

Pour l’occasion, il a fait appel à trois spécialistes pour discuter du thème. Il s’agit des présidents de la CENI, Newton Ahmed Barry, de la CODEL, Me Halidou Ouédraogo et l’abbé Pascal Kolesnoré, professeur de philosophie politique à l’Université Saint Thomas d’Aquin (USTA) et au grand séminaire Saints Pierre et Paul de Kossogghen. Le modérateur était le journaliste et directeur de publication du journal Aujourd’hui au Faso, Dieudonné Zoungrana. Avant de passer la parole aux panelistes, le modérateur a campé le décor en expliquant que ce sont les Grecs qui ont instauré la politique en tant que pratique humaine pour gérer la cité. Le premier panéliste à prendre la parole est le président de la CODEL, Halidou Ouédraogo. Il a expliqué le rapport entre l’église et la politique.  Halidou Ouédraogo fait remarquer que l’église a toujours été au cœur des questions qui préoccupent les citoyens. Il en veut pour preuve le rôle que certains religieux ont joué dans la politique au Burkina Faso. En outre, il reste confiant quant à la bonne tenue des élections. Il explique que malgré un contexte difficile (attaques terroristes, Covid-19), la CENI a réussi à jouer son rôle afin d’offrir au Burkina des élections transparentes.

L’Eglise, un artisan des élections calmes et apaisées

A son tour, l’abbé Pascal Kolesnoré, partant du thème, a proposé un sous thème à savoir «Quelle contribution des chrétiens pour des élections apaisées ?». Pour lui, il s’agit de s’interroger sur les responsabilités spécifiques pour des élections apaisées à la lumière de la doctrine sociale de l’Eglise. A l’entendre, l’Eglise est un artisan des élections calmes et apaisées. Il affirme qu’à l’approche de chaque élection importante, les évêques envoient des messages publics qui énoncent clairement leur souhait : «Nous voulons des élections libres, transparentes et apaisées». L’Eglise ne se contente pas d’énoncer ces souhaits, il met la main à la patte en participant comme acteur au processus électoral. De l’avis de l’abbé Kolesnoré, même si la CENI a joué son rôle, les élections apaisées ne se réduisent pas aux élections sans contestation et sans violence. Le conflit est inhérent au système démocratique et l’absence de violence ne signifie pas forcément élection pacifique. Trois grands défis donc sont à relever selon lui. D’abord, celui d’une élection apaisée. Cela suppose une campagne électorale sans grattage et les conditions d’un scrutin équitable. A cela, s’ajoute le défi d’une campagne sereine. Sur ce point, le conférencier soutient que l’église défend un principe : le respect de la dignité humaine. Or, la recherche effrénée du pouvoir peut amener certains à céder au démon du mensonge, de la démagogie et porter même atteinte à la dignité humaine. Pour lui, le respect mutuel, le fair-play, doivent être de mise.

Enfin, il y a le défi de la participation quantitative et participative. Il a invité à faire de la participation un cheval de bataille car «le tout n’est pas de participer mais de bien participer». Toujours selon l’abbé, il y a une forme de clientélisme qui s’instaure sur le terrain politique et si l’on n’y prend garde, toutes ces pratiques peuvent jouer négativement sur la démocratie. Quant au président de la CENI,  Newton Ahmed Barry, il a expliqué que l’élection est le fait des citoyens et sans qui, il n’y a pas d’élection. Pour lui, il ne devrait pas avoir de problème autour des élections parce que c’est un rendez-vous citoyen.

Le premier responsable de la CENI pense que l’action autour des élections devrait être la plus altruiste possible. Malheureusement, l’argent dans le processus à beaucoup corrompu. Les gens ont fait du processus électoral un fait économique. «L’argent ne peut pas acheter notre destinée (…) et le jour où les citoyens se seront appropriés le processus électoral, même si on vote dans un canaris, ça va être transparent», a déclaré Newton Barry, avant de conclure que la conscience citoyenne doit être réarmée.

Pélagie OUEDRAOGO

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