Élections législatives et municipales au Cameroun : Biya puissance 7 a-t-il décrispé la situation ?

Élections législatives et municipales au Cameroun : Biya puissance 7 a-t-il décrispé la situation ?

 Au Cameroun, la population a été appelée aux urnes ce dimanche 9 février 2020 à 8 h pour accomplir son devoir civique dans des bureaux de vote ouverts sur toute l’étendue du territoire national.

Une fois de plus, ces élections législatives et municipales pourraient être majoritairement remportées par le parti de l’inamovible président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, compte-tenu du boycott orchestré par une partie de l’opposition démocratique. Pour sa part, le ministre camerounais de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, s’est félicité sur RFI de l’engouement des déplacés des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Ces derniers, a-t-il précisé dans la journée d’hier «sont en train de rentrer pour aller voter (…) Mieux, s’est-il réjoui en substance, «C’est la meilleure façon de participer à l’édification de notre destin commun !«  

Qu’à quelques 24 heures des consultations électorales, le super chef de terre, Paul Atanga Nji se soit voulu à la fois enthousiaste et rassurant quand à la régularité et à la transparence du scrutin dans les régions anglophones en crise est plutôt une bonne chose car cela signifie que de plus en plus, Paul Biya, aujourd’hui âgé de 86 ans dont 33 passés au pouvoir, continue de lâcher du lest !

Comme il avait commencé à le faire l’année dernière en élargissant beaucoup de prisonniers politiques dont son principal challenger à la présidentielle du dimanche 7 décembre 2018, Maurice Kamto. Bamiléké de l’Ouest né le 15 février 1954 d’une famille modeste de la ville de Bafoussam, ancien avocat au barreau de Yaoundé, ancien membre influent du RDPC (au pouvoir) et ancien ministre délégué à la Justice, Maurice Kamto était pendant très longtemps un membre influent de la société civile avant de créer et de présider aux destinées de son parti le MRC.

Depuis l’ouverture des bureaux de vote en république unie du Cameroun hier 9 février, tous les protagonistes de la scène politique prient dans le silence et le recueillement, avec ferveur et piété, afin que les résultats de ces législatives et municipales couplées ne fassent l’objet d’aucune contestation. En effet, le peuple camerounais a encore en mémoire le remue-ménage spectaculaire et retentissant né de la vive contestation par Maurice Kamto, ainsi que par d’autres têtes de pont de l’opposition, des résultats du tout dernier septennat dont la victoire avait été attribuée par la commission électorale du Cameroun (Elecam) à Paul Biya, à hauteur de 71,34%. Contre 14,40 % pour Maurice Kamto et 6,32% pour Libii.   

En attendant, un rapide clin d’œil dans le microcosme politique camerounais de ces trente dernières permet de glaner ces quelques notes d’histoire dignes d’intérêt : à 86 ans, Paul Biya pulvérise le record du plus vieux président du monde avec 36 ans de règne. Le plus vieux sénateur du monde, Chief Muketé, est Camerounais. Il est aujourd’hui âgé de 101 ans, tandis que le plus ancien député du monde est également un Camerounais du nom de Cavaye Yeguié Djibril. Il avait été élu pour la première fois en 1958 ! Ce n’est pas tout et le président Paul Biya le reconnaît de nos jours, le sourire en coin et un tantinet amusé ! Le plus vieux patron de la police nationale du monde est Camerounais ; il s’appelle Martin Mbarga Nguélé et il est âgé de 86 ans. Comme le chef de l’Etat. Idem pour le doyen des chefs de missions diplomatiques du monde, Koué Ntonga, actuel ambassadeur du Cameroun au Sénégal (86 ans révolus) et le plus ancien membre du gouvernement de la planète, Amadou Ali, actuel Vice-Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement. Depuis 39 ans, il est membre du gouvernement. Ici, se demande toutefois l’opinion nationale et internationale, l’argent et les gadgets publicitaires peuvent-ils seulement avoir joué une fois de plus un rôle prépondérant lors des précédentes campagnes électorales pour les législatives et les municipales ? Auquel cas, des bisbilles ou des sautes d’humeur antagoniques risquent de naître dans pas longtemps ?

L’essentiel, se réjouit-on par avance, est que ces scrutins ne soient pas entachés de fraudes massives ou de graves irrégularités pouvant remettre en cause les résultats issus des urnes. Dont acte : malgré une relative accalmie observée à partir de 2019, le candidat malheureux à la présidentielle du 7 décembre 2018, Maurice Kamto, continue de revendiquer la victoire face au Président Biya, réélu pour la huitième fois consécutive à la tête du pays. Reste qu’à l’aune de l’observance, Maurice Kamto et les autres prétendants au fauteuil présidentiel devront prendre leur mal en patience, attendre un peu plus de cinq avant de poursuivre briguer de nouveau la présidence. Nous serons alors en 2006 ! 

La Rédaction

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