Elections municipales en mode Covid-19 au Bénin : Fin d’une exception démocratique ?

Elections municipales en mode Covid-19 au Bénin : Fin d’une exception démocratique ?

Les Historiens retiendront des communales béninoises d’hier 17 mai qu’elles se sont déroulées dans le contexte de la pandémie du Coivd-19, et qu’en dépit de l’existence de la maladie, le pays n’a pas fermé les marchés, et les restrictions ont été relativement souples.

Hier cahin cahan les mesures anti-contagion comme le port du masque, la présence du  gel, et la distanciation géographique étaient tant bien que mal respectés.

Une élection qui aura été laborieuse, car en plus du matériel électoral, les camions ont dû transporter des tonnes de gel hydroalcoolique, du savon … pour doter les 14 950 bureaux de vote du pays. Evidement tous les bureaux n’ont pas pu en bénéficier et on a voté avec le risque pesant et potentiel. Il faut dire d’ailleurs que lors de la campagne qui s’est achevée le 7 mai dernier, la CENA, l’administration électorale avait interdit meetings, cortège et tout rassemblement.

Mais l’Histoire mentionnera également pour la postérité que les 5,4 millions d’électeurs qui ont été appelés à ce vote local n’auront pas eu trop le choix. Une élection démocratique est par essence, la liberté laissée aux électeurs de faire des choix.

Or dans le cas d’espèce, les Béninois n’ont pas eu trop d’options, car c’était voter soit pour des partis se réclamant tous du pouvoir, soit pour un seul d’obédience oppositionnel.

En effet, l’Union progressiste (UP), le Bloc républicain (BR), l’Union démocratique pour une Bénin nouveau (UDBN) et le parti du renouveau démocratique (PRD) font tous chorus derrière Patrice Talon.

Seule la formation les Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE) est de l’opposition, mais privé de son leader l’ex-président Yayi Boni, qui a claqué la porte, et qui interdit d’utiliser son nom, il n’a pas beaucoup de marge de manœuvre. De manœuvre d’ailleurs, il a été question dans ces votes, car l’Union sociale libérale (USL) de Sébastien Ajavon, est sans récépissé et le milliardaire, ex-allié du président Talon est en exil en France, recherché par la justice de son pays. Et si Boni Yayi, a abandonné le FCBE, c’est qu’il se dégage un parfum de récupération du parti par … le pouvoir.

A vrai dire, la démocratie au regard des mœurs politiques semble avoir reculé au Bénin depuis que Talon préside aux destinées du pays. La faute à la classe politique ? Nul ne sait. Mais toujours est-il qu’en matière de liberté de presse par exemple, les choses sont corsées avec l’emprisonnement de notre confrère Ignace Sossou. Politiquement, c’est un semblant de caporalisation qui ne dit pas son nom !

Mais que veut finalement l’actuel locataire du palais de la Marina ? Un monolithisme intégral ? Difficile au Bénin, qui traverse peut-être des soubresauts démocratiques, mais qui retombera sur ses pieds. Question de tradition. Pour le moment, beaucoup sont ceux qui crient à un recul de cette tradition dans l’ex-quartier latin de l’Afrique.

La REDACTION

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