Emeutes en Afrique du Sud : Pour Zuma ou éternuements anti-Covid-19 ?

Emeutes en Afrique du Sud : Pour Zuma ou éternuements anti-Covid-19 ?

Près d’une cinquantaine de morts. Des commerces éventrés. Johannesburg colorée avec la teinture du chaos. Pillages, violences. Le tableau que présente l’Afrique du Sud depuis le  rappelle les sinistres années 1990. Mais qu’est-ce qu’il y a en jeu, cette fois ? Quelques similitudes. Un président qui est en prison depuis le 7 juillet 2021, sauf qu’il est ancien. Et pourquoi ? Parce qu’il a refusé catégoriquement de répondre aux questions d’une commission qui enquête sur des soupçons de corruption.

Est-ce légitime ? Du côté des  prétoires, on clame que oui et coup de maillet à l’appui. Que peut-on faire d’autre avec un homme, fut-il président, qui ferme le clapet devant les questions et les interrogatoires des procédures judiciaires et qui s’arc-boute sur les barreaux pour ne pas suivre les sentiers de la légalité ? Pour les juges, l’homme les nargue, les défie presque et se place sur le piédestal de celui qui n’est pas un justiciable comme les autres. Et pour lui démontrer le contraire, quoi de plus plausible que de l’envoyer méditer à l’ombre pendant 15 mois ?!

Sauf qu’il s’agit de Jacob Zuma. Il a été à la tête du pays et maîtrise toujours quelques ressorts au sein de la société sud-africaine, surtout dans le KwaZulu-Natal qui fait d’ailleurs entendre sa voix depuis l’éclatement des émeutes et des violences en Afrique du Sud.

Le président Ramaphosa tente de faire face à l’avalanche. Arrestations tous azimuts. Plus de 700 personnes déjà au gnouf !  Menaces de poursuites judiciaires. Ouverture d’enquêtes à tour de bras. Déploiement de l’armée, avec en appui, des sociétés privées de sécurité pour prêter main forte.

Mais à voir le déferlement de violences et de pillages, on se demande si c’est la seule empathie pour Jacob Zuma qui nourrit toute cette passion déferlante. Il ne faut pas oublier que le pays a été frappé durement par le Covid-19 et ses variantes qui ont obligé les Sud-Africains à se confiner l’estomac et le porte-monnaie. L’occasion faisant le larron, les émeutes consécutives à l’emprisonnement de Zuma n’ont-elles par servi aussi de passerelle pour certains Sud-Africains de passer leur nerf ou de satisfaire quelque faim ?

La situation économique n’est pas reluisante. Les citoyens sont à bout. Une sorte de cocotte-minute qui a fini donc par exploser à travers le petit trou de la mise au frais de l’ancien président.

A présent, la question est de savoir si Cyril Ramaphosa pourra contenir ces bourrasques. Il n’a pas  grand ressort sur la situation causale puisqu’il s’agit désormais d’une affaire en justice. La Justice va-t-elle lâcher du lest ? Ou restera-t-elle ferme pour montrer qu’être ancien président n’est en rien une couverture contre une procédure judiciaire ? .

 Ahmed BAMBARA

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