Enfin 2 cas de coronavirus au Mali : Faut-il maintenir mordicus les législatives du 29 mars ?

 Enfin 2 cas de coronavirus au Mali : Faut-il maintenir mordicus les législatives du 29 mars ?

Les maliens ont eu hier 25 mars, 2 nouvelles : une bonne et une mauvaise. La bonne : la chanteuse malienne Rokia Traoré arrêtée, il y a deux semaines a finalement bénéficié d’une mise en liberté sous contrôle judiciaire.

Arrêtée à l’aéroport de Roissy Charle de Gaulle le 10 mars dernier pour un différend l’opposant à son ex-compagnon belge sur la garde de leur fille, Rokia Traoré qui était sous le coup d’un mandat d’arrêt international, avait été embastillée pour enlèvement et séquestration d’enfant. Certaines sources parlent d’une discrète intervention du palais de Koulouba pour cette issue provisoire mais bénéfique pour l’artiste malienne. Pour cause de coronavirus, elle a été auditionnée par vidéoconférence depuis une vaste salle de la Cour d’appel de Paris et ne sera pas pour le moment extradée en Belgique.

La mauvaise est la fin du miracle malien en matière de contamination au coronavirus. Avec la pandémie mondiale qui a déferlé depuis Wuhan le 8 décembre, et qui n’épargne aucun pays, surtout en Afrique, où la courbe des testés positifs va crescendo, le Mali officiellement n’avait enregistré aucun malade, ni «suspect». Fin de cette exception malienne, hier avec 2 cas, une femme de 49 et un homme de 62 ans en provenance de France, qui ont été testés positifs et immédiatement pris en charge au premier étage du ministère de la santé ou le patron des lieux n’est autre que Michel Sidibé, ex DG de l’ONUSIDA. Or cette sorte de halo protecteur qui préservait le Mali du Covid-19, intrigue, pour ne pas dire que d’aucuns comparent cette posture des autorités maliennes à un mensonge d’Etat. Les ONG et droits-de-l’homme, à l’instar de Clément Dembélé président de la plate-forme de lutte contre la corruption et le chomage (PCC) estiment qu’il est impossible qu’avec la porosité des frontières subsahariennes, l’indigence de nos systèmes sanitaires, le Mali ait pu échapper au virus. Et s’oppose ainsi au déroulement des législatives aux dates initiales.

On imagine effectivement que ni Michel Sidibé qui a géré le sida de façon mondiale, encore moins le président IBK n’ont osé effectivement faire dans la dénégation absconse, alors que la réalité est tout autre car, si tel était le cas, ce serait criminel et haute trahison d’avoir caché la vérité. Car invoquer l’existence de 52 respiratoires, dérisoires en cas de 100 ou de 200 cas de détresse ou le déblocage de 6 milliards pour justifier ou anticiper sur des cas, oubliant que le préventif vaut mieux que le curatif est tout simplement irresponsable.

Une attitude d’ailleurs qui fait se hérisser les poils de nombreux Maliens, sur le maintien des législatives du 29 mars pour le 1er tour et du 19 avril pour le second. On le sait, le premier ministre, Boubou Cissé s’en était expliqué. Pour lui, qu’on tienne ces législatives ou pas, le coronavirus entrera au mali. Soit, mais lorsque le chef du gouvernement lâchait ces mots, on était loin d’imaginer que le covid-19 confinerait plus d’un milliard de personnes dans le monde, causerait ces catacombes et frapperait aussi de façon fulgurante la planète. On était loin de penser que l’Afrique maillon faible de la chaine sanitaire mondiale devrait suivre à la lettre les oukases de l’OMS sous peine de subir beaucoup de pertes en vie humaine.

Fermeture d’écoles, de marchés, confinement partiel ou total, fermetures de frontières…bref moult mesures prises par des voisins tels le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, ne peuvent pas laisser le Mali indifférent. Peut-on au milieu de cette catastrophe sanitaire tenir des législatives, qui mises dans la balance ne pèsent pas face au coronavirus ? 

Même en France, Emmanuel Macron s’est résolu à reporter le second tour des élections. C’est un devoir de responsabilité historique et une question de bon sens et de survie auquel est confronté le pouvoir malien : Tenir les législatives au risque de disséminer un virus dont la contagiosité est 2 fois plus virulente que la grippe normale ou celui d’Ebola ou les reporter et sauver des vies, et surtout se consacrer à une menace qui ne fait que débuter sur le continent ? Un choix qui est loin d’être cornélien !

Pélagie OUEDRAOGO

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR