Entrée de Christel Sassou dans le gouvernement au Congo : Peut-être subreptice pas en avant vers le pouvoir

Entrée de Christel Sassou dans le gouvernement au Congo : Peut-être subreptice pas en avant vers le pouvoir

Denis Sassou N’Guesso (DSN) n’a pas habitude de faire ni les choses au pif, ni à la légère. Avec plus de 3 décennies de pouvoir avec l’intermède de 1992, il est devenu un président expérimenté, qui prend le recul nécessaire pour agir, exactement le prince froid, l’animal politique qui sait ce qu’il veut, et comment se donner les moyens pour l’atteindre.

La formation de l’équipe gouvernementale du nouveau premier ministre Anatole Collinet Makosso forte de 36 ministres a donné encore un aperçu de l’expertise de DSN dans sa gestion du Congo-Brazza.

Habituellement, au sortir d’une présidentielle, le peuple veut toujours de nouvelles têtes, rien que pour donner l’illusion de changement, même si tout bouge pour que rien ne bouge. En faisant monter de grade Makosso qui quitte le ministère des Enseignements pour devenir premier des ministres, DSN sait récompenser les caciques de son parti et les fidèles. La pichenette qui a effectué la permutation entre le premier ministre sortant Clément Mouamba (en poste depuis 2016) et l’entrant Makosso s’avère une récompense pour le pct, son parti, cette machine à gagner les élections.

Ensuite, en bombardant Honoré Sayi ministre de l’Energie et l’Hydraulique, le chef de l’Etat congolais fait une grosse prise de guerre dans l’opposition, car l’mpétrant n’est autre que le leader de l’UPADS, la première formation de l’opposition du pays. Autant dire que l’opposition s’est sabordée dans la majorité présidentielle puisqu’elle appliquera désormais le programme présidentiel. Puis on aura remarqué le parfait dosage régionaliste, dans ce gouvernement.

Mais, si tout ce travail d’orfèvre était pour éclipser l’entrée de son fils Christel Sassou N’Guesso dans le gouvernement, c’est raté !

Ni la promotion de son directeur de campagne le premier ministre Makosso justement, ni l’arrivée de l’UPADS, n’auront pu cacher la nomination du plus illustre fils du Pater familia national du Congo-Brazza : Christel.

D’abord pour la simple raison que voici des lustres qu’on prête à ce dernier de vouloir succéder à son père, le moment venu, par le truchement d’une élection évidemment «arrangée». En effet, voici des années que son nom circule partout au Congo et même au-delà comme le dauphin officieux de DSN. Dénégations et colère souvent de ce dernier, sans plus.

Ensuite, si cette nomination est beaucoup commentée, c’est que Christel est constamment cité dans l’affaire BMA, acronyme des Biens mal acquis. Visé dans ce dossier pour «blanchissement et détournement de fonds publics», celui qui était député d’Oyo, le fief de son président de père et gérait la lucrative société nationale des pétroles du Congo (SNPC), autrement dit la principale mamelle financière du pays, est régulièrement dans le viseur de la justice et des ONG Global Witness, Survie… Et même qu’aux Etats-Unis, l’affaire a pris une tournure judiciaire avec sa maison de Miami, achetée selon ses accusateurs à coups de millions pompés de la manne pétrolière.

Est-ce pour arrêter le cours judiciaire que DSN a placé son fils dans ce poste taillé sur mesure qu’est la coopération internationale et de la promotion de partenariat public-privé ? Rien, absolument rien n’interdit cette nomination, mais est-ce opportun de nommer une personne, qui plus est le fils du président à un poste ministériel, alors que la justice internationale semble être à ses trousses ?

Echappatoire pour la justice ? Peut-être pas seulement, car cette montée en puissance de Christel pourrait être aussi un subreptice pas en avant pour lui mettre le pied à l’étrier pour le mandat suprême !? Car les «fils de» qui succèdent à leur père, ça commence à faire florilège et à être banal sur le continent. Ni les réprobations souvent hypocrites de la Communauté internationale, la même qui en coulisses tire intérêt de ce genre de dévolution, ni les cris et les marches des populations et les droits-de-l’hommiste, n’y font rien à ce sujet. Tour de passe-passe constitutionnel en fait un viol de celui-ci, ou coup d’Etat maquillé et le tout est joué. Denis Christel Sassou N’Guesso avec ce poste, a les portes des palais présidentiels ouvertes, il va étoffer son carnet d’adresses, se faire des connexions, et cultiver davantage son réseau au sein du PCT. Au cas où !

Et d’ici quelques temps, on verra peut-être ce que prépare le deus ex machina politique congolais pour son fils. En attendant, l’urgence pour Makosso et ses ministres, c’est régler l’épineuse question des bisbilles avec le FMI, la dette faramineuse du Congo, qui culmine à plus de 87% du PIB, les pensions des retraités et les bourses des étudiants. Autant dire que ce ne sera pas une sinécuire pour le nouveau chef de gouvernement.

La REDACTION

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