Évariste Ndayishimiye investi président du Burundi : Le général peut-il s’opposer à son système?

Évariste Ndayishimiye investi président du Burundi : Le général peut-il s’opposer à son système?

Évariste Ndayishimiye est le nouveau président du Burundi. Plus tôt que prévu. Le président-sortant Pierre Nkurunziza ayant cassé sa pipe … plus tôt que prévu. A compter de ce 18 juin 2020, le Burundi sera désormais conjugué au temps d’Évariste Ndayishimiye.

Reste à savoir quel temps il prendra. Le futur de Pierre Nkurunziza ou un temps modulé dans le moule personnel du nouveau chef d’Etat ? On peut déjà chercher des indices dans la seule cérémonie d’investiture.

Ce genou posé sur le tapis rouge avant l’investiture. C’est un acte d’humilité qui tranche nettement avec l’arrogance assumée du désormais feu ancien président Nkurunziza. Ce dernier était passé au stade de surhomme, au point que pendant les matchs de foot, il était interdit de l’approcher, à plus forte raison le toucher. Incroyable pour  un jeu qui exige pourtant des frottements réguliers et des chocs physiques. S’agenouiller n’était vraiment donc pas dans le champ lexical du défunt chef d’Etat.

Ensuite, il a été béni par Mgr Simon Ntamwana, évêque de l’Eglise catholique. Inimaginable sous Nkurunziza ! Il n’est de notoriété publique que le prélat était parmi ceux qui ont fustigé le troisième mandat du défunt chef d’Etat. Sa voix a porté haut et était clairement discordante. Si Pierre Nkurunziza était toujours vivant, le cérémonial aurait-il été différent ? Qu’il est difficile de construire l’avenir avec des absents !

Quoi qu’il en soit, c’est un acte qui vaut son pesant d’or et donne des indices sur le fait que le nouvel arrivant pourrait ne pas s’inscrire sur la même lancée que son prédécesseur !

Enfin, l’appel lancé aux réfugiés et aux exilés. La gouvernance du «Pasteur» a fait en sorte que de nombreux Burundais sont passés par-dessus le mur de leur pays pour échapper à la répression brutale et sévère qui constituait le chasse-glace de l’homme fort de Gitega. Reste à savoir si cet appel est sincère. Évariste Ndayishimiye est-il prêt à tolérer une opposition réelle, franche et critique ? L’ancien général est-il prêt à oublier les vieux réflexes de la répression et du ton martial imprimé dans le sceptre de la gouvernance.

Quoi qu’il en soit, son légataire n’est plus vivant. Il n’y a donc plus en principe cette pression supposée ou réelle sur ses épaules qui pourrait guider ses choix, ses décisions, ses pas et ses démarches.

Il est libre en principe, de tracer ses propres sillons… ou de continuer dans ceux laissés par Nkurunziza. Dans l’un ou l’autre des cas, il devra songer sérieusement à  ramener son pays dans le concert des nations, renouer avec la communauté africaine et internationale, réparer les profondes plaies laissées par le régime Nkurunziza. Enfin ! En espérant qu’il n’y ait pas une autre crise …

Ahmed BAMBARA

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