FECAFOOT : Samuel Eto’o Fils préside désormais la tanière

FECAFOOT : Samuel Eto’o Fils préside désormais la tanière

Considéré comme une seconde religion au Cameroun, la grande passion que les Camerounais vouent au football ne s’est jamais fait démentir. Samedi dernier, l’élection de Samuel Eto’o à la tête de la présidence de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) a été vécue comme un cadeau du père Noël.

De Yaoundé à Douala en passant par Bafoussam, Garoua ou les hameaux les plus reculés de Bamenda et autres Ebolowa, l’ascension de Samuel Eto’o a été saluée avec ferveur, telle une victoire de coupe d’Afrique.

Dans ce Cameroun lézardé par la décrépitude sociale, économique et une certaine déchéance politique, il n’est pas évident que la prochaine fête de la nativité consacrée à l’enfant Jésus connaisse une aussi grande clameur. C’est dire à quel point Samuel Eto’o porte en lui l’espoir de tous un peuple, désabusé par des dirigeants pour qui, le sacerdoce était celui du bien-être personnel.

Ce samedi 11 décembre à Yaoundé, Seidou Mbombo Njoya, l’ex-patron de la Fécafoot a fait place à Samuel Eto’o, qui a devancé son challenger du jour par 43 voix contre 31. Ainsi donc, se referme une page qui aura fait couler beaucoup d’encre et de salive dans un domaine sportif ou la politique et l’ethnicisme apportent constamment leur lot de rebonds. À 40 ans, Samuel Eto’o a connu bien des victoires durant sa carrière de footballeur. Mais celle de ce 11 décembre 2021 relève d’une dimension qui laisse penser qu’outre les moyens financiers, l’ex-superstar du foot africain avait dans sa botte secrète, une maitrise non négligeable du terrain politique. Désormais maître à bord du pavillon battant Fécafoot, l’ancienne superstar du foot africain va devoir redresser une institution en crise depuis 2013, avec pour challenge immédiat, la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2021) organisée dans son pays.

Double vainqueur de la CAN avec l’équipe du Cameroun (2000, 2002), le natif de Douala s’attaque désormais à un défi de taille : redonner au football camerounais la place qui devrait être la sienne sur la sphère mondiale. Depuis plus de 8 ans, la Fécafoot a été mise sous la tutelle d’un Comité de normalisation (Conor) à plusieurs reprises. La victoire de Seidou Mbombo Njoya en 2018 semblait justement avoir mis fin à cette crise, mais cette victoire avait été invalidée début 2021, suite à un recours auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS). L’ancien attaquant vedette du Real Majorque, du FC Barcelone et de l’Inter Milan va très vite devoir se plonger dans sa nouvelle fonction. Dans moins d’un mois débute la CAN 2021, organisée du 9 janvier au 6 février 2022 dans son pays. Une compétition qu’il a disputée six fois et gagnée à deux reprises. Son but, cette fois, sera que le Cameroun brille en tant qu’hôte pour la première fois depuis 1972. En effet, en 1972, le pays de Samuel Eto’o Fils a organisé la CAN pour la 1ere fois de son histoire. Il a terminé la compétition à la 3e place derrière le Mali et le Congo Brazzaville. Cinq fois vainqueur de la CAN, le pays de Paul Biya ne l’a jamais remporté à domicile. On peut donc aisément imaginer que le rêve secrètement caressé par Samuel Eto’o, est celui de couronner le peuple camerounais par un 6e titre en famille.

Le pari semble possible, non seulement au regard de la qualité de la tanière, mais de l’aura du nouveau patron de la fédération camerounaise de football qui aura réussi à faire l’unanimité auprès des anciens footballeurs. Rigobert Song, Jerémie Njitap, Jacques Songo et autres Roger Mila ont tous adhéré au programme du «fils revenu à la maison», comme le dira le vieux Lion Mila. Cette union en vue de sauver le football camerounais ou ce qui en reste, a permis à l’ex-star du FC Barcelone de passer haut les mains lors du scrutin.

Forcément, la victoire du fils de la tanière camerounaise fait penser à l’actualité footballistique ivoirienne, minée elle aussi par des problèmes internes. Contrairement au Cameroun, les anciens footballeurs ivoiriens sont divisés sur la candidature de Didier Drogba. Quoi qu’il en soit, les adeptes de la boule de cuir magique se délectent à l’idée de voir leurs dieux retraités prendre les commandes des Fédérations de leur pays, persuadés qu’ils peuvent mettre leur expérience au service du développement du football africain, notamment en aidant leurs jeunes frères africains à atteindre le sommet, mieux, à moderniser la gouvernance du football africain. Une sorte de devoir de redevabilité dont ils sont nombreux à espérer fructueux.

A l’image du Zambien Kalusha Bwalya qui a remporté la CAN 2012 avec les Chipolopolo en tant que président de la fédération, Samuel Eto’o Fils aspire à un tel couronnement et la Côte d’Ivoire de Didier Drogba n’en rêve pas moins. En somme, autrefois soumis aux humours des politiciens en mal d’opium endormissant, les anciennes gloires du continent semblent bien décidés à prendre leur destin en main en matière de gouvernance sportive. Voilà qui fera peut-être tache d’huile au Burkina Faso les années à venir. Il est temps que les prestidigitateurs s’éclipsent et que le football revienne aux footballeurs !

Hamed JUNIOR

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