Feu vert du parlement turc pour une intervention en Libye : Tripoli ou la guerre par procuration

Feu vert du parlement turc pour une intervention en Libye : Tripoli ou la guerre par procuration

La Turquie de Tayyip Erdogan peut désormais déployer ses troupes en Libye. Le parlement turc vient de lui donner un blanc-seing. Et nul doute qu’il ne va pas s’évertuer à en profiter et à mettre en application. Il y a quelque temps que le président turc piaffait d’impatience de mettre les pieds, du moins officiellement, sur le sol libyen. La seule barrière intérieure qui restait vient de sauter.

Et comme on le dit, si le chat n’est pas là, les souris s’adonnent à cœur joie. Le Guide libyen Mouammar Khadafi n’étant plus de ce monde pour afficher son visage de marbre à toute cette agitation, son pays devient alors un gigantesque théâtre où les puissances du moment se livrent à une guerre par procuration.

En plus de la Turquie qui s’apprête à y envoyer ses troupes, la Russie, la France, l’Egypte, le Qatar, les Emirats Arabes Unis y avaient déjà posé leurs pénates, dans l’un ou dans l’autre des deux camps frères qui s’étripent. Fayez El-Sarraj et le Général Khalifa Haftar n’apparaissent de plus en plus que des faire-valoir derrière lesquels se cachent des pays aux intérêts inavoués, tentant de prendre le dessus les uns sur les autres, transposant sur le dos des Libyens, de vieilles querelles contractées sur d’autres théâtres.

La Turquie, en soutenant le gouvernement de Tripoli trouve ainsi le moyen de contrecarrer les mercenaires de la Russie qui viennent en renforts soutenir le Général Haftar. Bientôt et si cette escalade ne trouve pas de solution au sein de l’organisation censée garantir la paix dans le monde, on se retrouvera dans une situation où des Turcs vont croiser le fer contre des Russes, des Egyptiens contre qataris ainsi que d’autres nations dont on ne soupçonne peut-être pas encore l’implication.

Le fruit de tout ceci, qui risque d’être très amer, c’est une déstabilisation durable de la Libye  avec toutes les conséquences incalculables qui vont s’abattre sur une bonne partie de la planète. L’Europe risque de voir déferler sur elle des migrants et l’Afrique, y compris par exemple des pays comme l’Egypte, devront faire face  à la naissance de potentiels nids de terroristes. L’Afrique subsaharienne a déjà bu la tasse de cette première déstabilisation du pays de  Khadafi. Si les nations dont les yeux brillent à l’énoncé du nom de la Libye ne brident pas leurs ardeurs, il est fort à parier qu’elles en viennent à regretter de ne pas avoir fait preuve de retenue.

Ahmed BAMBARA

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