Fin du «califat» de l’EI en Syrie : Et l’Afrique dans tout ça ?

Fin du «califat» de l’EI en Syrie : Et l’Afrique dans tout ça ?

Le Moyen-Orient va-t-il retrouver ses frontières nées de l’Accord de Sykes-Picot daté de 1916 ? La géographie du Moyen-Orient héritée des Français et des Britanniques redeviendra t-elle comme jadis ?

En tout cas, depuis le samedi 23 mars 2019, le drapeau noir et or de l’Etat islamique a cessé de flotter à Baghouz, remplacé par celui jaune des Forces démocratiques syriennes (FDS) qui ont fait tomber ce dernier verrou et ultime bastion des ouailles du calife Abu Bakr Al Bagdadi, et c’est par des chants et des denses, et l’hymne de la bannière étoilée (des USA) que ces forces arabo-kurdes ont entonné le requiem de l’EI.

Cela aura coûté 630 victimse depuis 6 mois, la neutralisation de 1 600 djihadistes, la mort de 750 FDS, mais territorialement, c‘en est fini des velléités de Bagdadi d’instaurer le califat sur un espace plus grand que le Royaume uni, c’en est fini des rapts, des viols de Yazidines, des décapitations et exécutions sommaires et les Américains ont eu le nez creux de ne pas avoir plié bagages avant cette victoire territoriale et psychologique.

Car depuis 2014, c’est tapis aux confins de Raqaa, Mossoul, et autre, que l’EI tente de rayonner par le sang et la mort via le djihadisme mondial.

Ce n’est pas encore la victoire totale sur l’EI, car il subsiste l’EI résiduel dans les caves et tunnels de ces noman’s land syriens qu’il faudra dératiser.

Mais de Emmanuel Macron à Donald Trump en passant par Theresa May, chacun de ces grands dirigeants du monde a salué cette victoire spaciale des éléments du Bien sur ceux du Mal en Syrie, tout en n’ignorant pas, qu’il y a loin cette victoire à une véritable disparition du terrorisme, sans oublier la gestion des effets collatéraux de ce brûlot syrien dont le moindre n’est pas le retour polémiqué des Occidentaux «égarés» dans cette aventure djihadiste.

Et l’Afrique dans tout ça ?

Exceptées la Libye, la Tunisie où tentent d’émerger des bourgeois de l’EI, le djihadisme africain est essentiellement une émanation d’Al Quaïda ou de katibas, plus ou moins isolées.

Boko Haram, la secte islamique dont les origines sont au Nigéria, écume ce pays, le Cameroun, le Tchad et le Niger. Tantôt affiliée à Al Quaïda, tantôt «aveugle», c’est-à-dire sans port d’attache, elle frappe partout dans la sous-région et à ce jour malgré son affaiblissement dû aux grands revers subis et aux divisions intestines, Boko Haram est encore très nuisible.

Au Burkina-Niger et Mali, plusieurs katibas ensanglantent régulièrement ces 3 pays, et un fil rouge relie les auteurs de ce terrorisme ouest-africain : ils sont quasiment des excroissances de la nébuleuse de l’homme haut de forme, des grottes de Kandhâr et Tora Bora : le défunt Ben Laden.

La plupart, hormis la Somalie où les Shebab traficotent un peu avec l’IE, la plupart du djihadisme africain est rattaché à Al Quaïda. Actuellement, celui qui a pignon sur Sahel le GSIM est d’ailleurs cornaqué par Iyad Ag Ghali dont les liens originels avec AQMI sont de notoriété publique. Car du MPLA à Ansar Dine, l’homme a toujours eu des atomes crochus avec AQMI

Pratiquement tous les katibas ont cette corde ombilicale Al quaïdienne.

C’est dire que cette «fin» du ‘’califat’’ en Syrie, aura peu de répercussions dans une Afrique avec sa myriade de katibas plus ou moins contrôlés par des djihadistes, des mafias, et des grands bandits de tout acabit.

L’Afrique peut se joindre au concert de voix qui congratulent la Coalition d’avoir mis un terme à l’équipée d’Abu Bakr Bagdadi, mais la concernant, et rien qu’en prenant le Burkina, le Mali et le Niger, le continent ahane à pacifier son sérail quotidien, si fait même, que l’existence des populations est chaque jour menacée n’eut été les efforts conjugués par ci et par là. Alors que l’EI disparaisse de l’Irak en 2017 et de la Syrie en 2019 peu de changement sur le plan terrorisme en Afrique sera observé.

La Rédaction

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