Finale du CHAN Cameroun 2020 : Lions du Maroc 2 – 0 Aigles  du Mali: les leçons d’un second sacre!

Finale du CHAN Cameroun 2020 : Lions du Maroc 2 – 0 Aigles du Mali: les leçons d’un second sacre!

La 6e édition du Championnat d’Afrique des nations (CHAN) a refermé ses portes le dimanche soir avec le sacre des Lions venus de l’Atlas marocain. Tenants du titre, les sujets du royaume chérifien ont confirmé leur statut de favoris, en dominant les Aigles du Mali sur le score de 2 buts à 0. La maestria du coaching malien Nouhoun Diané n’a pas suffi à dérouter les Lions marocains.

Néanmoins, les Aigles peuvent être fiers de leur parcours. Englué dans une crise qui dure depuis quelques années maintenant, le football malien a frôlé l’asphyxie. Une situation critique qui a contraint la FIFA à se saisir du dossier, avec notamment la mise en place d’un comité de normalisation. Si cette phase augure une sortie de crise, il n’en demeure pas moins vrai que le football malien ne s’est pas pour autant extirpé de ses turpitudes intestinales. Sans championnat, le Mali est privé de l’unité principale de mesure de son football. Dans ces conditions, les chances des Aigles étaient hypothéquées à cette 6e édition du CHAN qui se disputait au Cameroun. Du moins, c’est ce qui tenait d’analyses logiques par les observateurs du football africain, jusqu’à ce que le coach Nouhoun Diané et son essaime de fringants Aigles locaux déjouent les attentes.

Médaillés de bronze de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en 2012 et 2013, il faut remonter 49 ans en arrière pour retrouver les griffes des Aigles en finale de cette compétition, avec au passage, une finale de CHAN perdue en 2016. C’est dire que pour les Maliens, cette finale, arrachée dans un contexte où son football est en berne, représente un acte d’instinct de survie estimable. Au-delà de cet échec devant les Lions du Maroc, l’envol des Aigles jusqu’à l’ultime obstacle est annonciateur d’un horizon prometteur, pour peu que les acteurs se donnent la peine de s’accorder sur l’essentiel.

Entre le Maroc et son attaque de feu (13 buts avant le coup d’envoi de la finale) et le Mali avec sa défense presqu’impénétrable (1 seul but encaissé depuis le début de la compétition), la sixième finale du CHAN camerounais offrait une finale des extrêmes. Dans un tel schéma de rapport de force, avec un feu follet nommé  Soufiane Rahimi (auteur de 5 buts), on pensait même que les Lions allaient dévorer leur proie sans trop de peine. Erreur. Les rapaces maliens se sont plutôt montrés à la hauteur du défi, rehaussant notamment le niveau technique et physique de la partie, ouvrant même le jeu avec une pointe d’insolence surprenante. Il a fallu aller chercher les Aigles sur les cimes des arbres géants de la forêt camerounaise, sur deux coups de corners. Le premier à la 69e minute par l’entremise de Bouftini et le second à la 79e minute par El Kaabi

Le Mali perd sa deuxième finale, mais incontestablement, le sélectionneur Nouhoun Diané et sa bande de rapaces diurnes armés de courage, ont infligé une véritable leçon de patriotisme aux dirigeants du football malien, qui se sont laissé emporter par les eaux boueuses que peut bien souvent offrir les effluves sombre d’un football toujours de plus en plus conditionné par les gros intérêts financiers, que par le jeu. Au passage, le Burkina qui avait tout pour aller le plus loin possible dans cette compétition et qui en définitif, paye la rançon de ses choix complaisants devrait également retenir la leçon.

Le sacre du Lion de l’Atlas qui non seulement égale la RD Congo (deux fois vainqueur), mais conserve son titre, éclipse un autre lion, celui du pays organisateur, lui aussi en proie à des divergences internes qui rongent ses griffes et effritent ses crocs. Si le parcours des Aigles du Mali peut servir de leçon, cela devrait également être valable pour le Cameroun qui vient de vivre la déchéance (défait 4 buts à 0 en demi-finale par le Maroc, puis 2 buts à 0 en match de classement par la Guinée) de son football comme il vit la décrépitude de son tissu social et économique.

Considéré à raison comme l’une des grandes nations de football du continent, le football camerounais est à l’image des autres secteurs du pays. Il a tout pour régner, sauf le sens de la responsabilité. L’historique des CAN, les différents épisodes liés à l’organisation de la CAN au Cameroun, la mise en place tardive de la sélection nationale devant prendre part à ce CHAN, sont autant de faits qui démontrent à souhait que le pays de Paul Biya est passé maître dans l’art de l’improvisation coupable, plutôt que celui de la bonne gouvernance. D’ailleurs, l’erreur technique commise par l’arbitre dans les derniers instants de la finale, le Kenyan Peter Waweru Kamaku, reflète bien les tristes réalités de nos tropiques.

Hamed JUNIOR

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