Fonction publique : Le potlach des petits et gros salaires ?

Fonction publique : Le potlach des petits et gros salaires ?

 

La tenue du conclave sur les salaires de la Fonction publique, dénommé «Conférence des forces vives de la Nation sur la rationalisation du système de rémunération des agents publics de l’Etat» est une bonne initiative, car face aux intenables et itératives revendications de quasiment toutes les couches socioprofessionnelles, le président du Faso a vu juste, en la convoquant. Que va-t-elle accoucher ? Nul oracle pour le dire tant le contexte demeure particulier. On souhaite le meilleur pour la fin. Sauf que cette réunion a mal à déjà deux flancs :

une partie des syndicats, en particulier, ceux affiliés à la CGT/B seront aux abonnés et absents. ils ont tort de pratiquer la politique de la chaise vide, qui a toujours été inopérante. Si les travailleurs veulent un statut sécurisé, il faut être présents aux discussions et poser tout sur la table. Ce n’est qu’après insatisfaction qu’on peut claquer la porte. Surtout qu’y siègeront les autres forces vives de la Nation. Bassolma et Cie auraient dû en être et par extraordinaire, ils pourraient changer certaines choses, surtout qu’il est question de revenir sur des acquis. On peut comprendre les syndicats qui renâclent à participer, car, la perte de certains avantages est un sujet tabou pour eux. Alors qu’il semble qu’il y a aussi des propositions alléchantes !

– Le gouvernement a-t-il ignoré aussi que l’enfer est pavé de bonnes intentions ? En instituant cette palabre sur les salaires, il aurait dû essayer d’obtenir le consensus. Or, cette réunion de trois jours démarre sur des divisions. Accepter par exemple que cette remise à plat concerne tout le monde, aurait été le point de départ imparable d’une rencontre sereine. Car ceux qui boycottent ce potlach salarial invoquent l’article 2 du décret portant rémunérations des grands commis de l’Etat (ministres, présidents d’institutions…) qui selon eux, doivent être aussi concernés par ces discutions. De la grille de base, jusqu’à celle exceptionnelle en passant par la grille P, pour les pourfendeurs de cette conférence, tout le monde devrait être concerné par ce «patriotisme». Pour eux passe encore que les militaires et paramilitaires soient «épargnés» par les fameux rabots, mais quid du «péché» originel, relatif aux magistrats avec par exemple leurs indemnités de judicature ou de domesticité ? Concrètement comment sera redéployé le Fonds commun, ces fameux 55 milliards pour corriger les disparités salariales, afin qu’à diplôme égal, qu’on soit au ministère de la culture, ou à celui de l’agriculture, ce soit salaire égal ?

Il faudra du tact, un brin d’équilibrisme, mais aussi de la franchise, à ces assises afin qu’au sortir, on aboutisse à quelque chose qui pourrait faire revenir même les boycotteurs sur leurs positions. Et surtout éviter que le Burkina Faso soit sur cale.

Zowenmanogo ZOUNGRANA

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