Fonds commun : Des acteurs économiques réclament sa suppression

Fonds commun : Des acteurs économiques réclament sa suppression

La Coalition nationale des acteurs économiques pour un commerce équitable a, à l’occasion d’une conférence de presse animée le lundi 9 avril 2018, à Ouagadougou, interpellé les plus hautes autorités du pays à supprimer le fonds commun, sinon pour le paiement des taxes, ils promettent de bouder tous les services du Ministère en charge de l’économie et ses démembrements.

Depuis quelques temps, l’actualité nationale est marquée par l’histoire du fonds commun des agents du département du ministère de l’économie et des finances qui s’élevaient en 2017, à près de cinquante-cinq (55) milliards de FCFA, ainsi que les vingt autres fonds communs aux montants non dévoilés que perçoivent certains employés de l’Etat sur le dos du contribuable. Face à cette situation, la Coalition nationale des acteurs économiques pour un commerce équitable (CNAECE) a, au cours d’une conférence de presse animée le lundi 9 avril 2018, manifesté son indignation totale, après avoir appris l’existence de ce fonds commun. Pour la coalition, il est impensable qu’au moment où le peuple agonise parce qu’il lui manque tout, que des employés de l’Etat se partagent sa contribution. Pour elle,  cela relève de l’abus, de l’iniquité. A en croire Hamado Kanazoé, porte-parole de la CNAECE, ces abus et iniquités dans la rémunération des employés d’un Etat pouvant aller jusqu’à une différence disproportionnée entre deux fonctionnaires de la même catégorie sont la source des grognes qui sont légitimes, selon lui. «Si les fonds communs venaient à rester intacts, le gouvernement sera obligé de traire la population pour satisfaire les autres revendications ; ce qui rendra la vie excessivement chère pour le reste de la population, car ni les salariés  du secteur privé, ni les autres qui sont sans revenu précis ne pourront suivre le rythme de cette cherté », a déclaré Hamado Kanazoé.

Au regard de la morosité des affaires et de ce qui précède, la CNAECE demande aux premiers responsables du pays, notamment au Président du Faso et au Premier ministre, la suppression pure et simple des fonds communs et la mise au même niveau salarial des différentes catégories de la fonction publique. En outre, Hamado Kanazoé et ses camarades préviennent que si d’ici à fin mai la suppression n’est pas effective, ils supplient le gouvernement de leur trouver des voies et moyens pour qu’ils puissent payer leurs taxes pour la continuité de l’Etat, car précise-il, «nous allons bouder tous les services du Ministère de l’économie et ses démembrements». 

A défaut de cela, Hamado Kanazoé affirme qu’ils seront obligés d’appeler le monde des affaires au refus de payer les taxes. Par ailleurs, il soutient que les marchandises entrantes iront directement aux magasins et même les taxes routières ne seront pas payées. La coalition estime qu’aucune composante de la société n’est plus importante que l’autre pour la survie du Burkina Faso. «Nous sommes tous complémentaires et nous savons compter sur le discernement des uns et des autres pour ne pas en arriver à l’extrême», a-t-il renchéri. 

Pélagie OUEDRAOGO

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