Fonds spécial, réduction des émissions : résultats de la COP27,  On tourne les pays vulnérables et l’Afrique en bourrique !

Fonds spécial, réduction des émissions : résultats de la COP27, On tourne les pays vulnérables et l’Afrique en bourrique !

La ministre de l’Environnement et du Bassin du Congo, Arlette Soudan-Nonault a-t-elle eu raison de claquer la porte de cette COP27, quelques jours avant la fin des travaux ? Avec ces résultats auxquels sont parvenus les 200 délégations, hier 20 novembre sur fond de pinaillements, squelettiques résultats du reste, on peut répondre par l’affirmative.

12 jours pour accoucher d’un accord final, certes par consensus, mais qui ne fait pas l’affaire des petits pollueurs, mais grandes victimes, parmi lesquelles l’Afrique évidemment. Grosso modo, la COP27 est parvenue à 2 solutions.

Le draft final qui stipule que les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites rapidement. Un accord-fourre-tout adopté à la sauvette à l’aube de ce 20 novembre, lequel accord réchauffe le plat de la COP21 et des suivants : contenir le réchauffement à 1,5°c. Un accord à minima qui ne précise pas le mode d’emploi, donc qui fait du copier-coller, avec même un recul par rapport à la réunion de Paris qui tablait sur ces 1,5°c, mais avec comme comparaison la période préindustrielle. A l’analyse, on peut retenir que:

1) C’est un faux consensus, car si d’aucuns crient à une victoire, tous les spécialistes savent que dans les prochaines années, pouvoir comprimer la température à 2°c par rapport à l’ère préindustrielle est impossible, car l’utilisation des énergies fossiles n’a pas véritablement baissé et les plus grands pollueurs sont dans une posture hypocrite face à ceux vulnérables. Et ces pollueurs impénitents, savent qu’avec cette courbe, on serait à l’orée du 22e siècle à presque 3°c.

2) La deuxième «grande décision» est la compensation «des dégâts climatiques et environnementaux aux plus pauvres par la création d’un Fonds. Mais de qui se moque-t-on finalement, vu d’Afrique ? Le continent peut-il encore avaler cette grosse couleuvre de Fonds, lui à qui, on a promis 100 millions d’euros/an depuis la COP21 et qui n’en voit que peu la couleur (30 à 70%) et encore ?

Cette aide aux pays impécunieux mais très touchés par les méfaits climatiques est un deal léonin, un de plus car ce sont les mêmes payeurs qui n’ont pas pu décaisser régulièrement les 100 millions d’euros par an promis qui sont encore sollicités. Pourquoi le feraient-ils pour ce fonds pompeusement appelé «Fonds pertes et préjudices» ?

Certains responsables se sont réjouis de la mise en place de cette caisse équestre dédiée aux pays victimes, un Fonds qui n’était pas inscrit dans l’agenda, mais qui l’a été après les objurgations de Sameh Choukri, ministre des Affaires étrangères égyptien et président de cette conférence onusienne sur le climat.

Et si le premier ministre pakistanais par exemple s’est réjoui de la création de ce Fonds, il sait que la catastrophe occasionnée par la Mousson dans son pays avec des centaines de victimes, ne pourra jamais être comblée par un Fonds. L’Union européenne se dit même «déçue» tandis que le président français Emmanuel Macron parle de «manque d’ambitions».

Quid du sentiment en Afrique ? Evidemment, derrière le chœur de satisfécit d’avoir abouti à ces 2 décisions aux premières heures du jour de ce dimanche 20 novembre, les Africains (et les autres pays pauvres) savent tous qu’on les tourne en bourrique !

Ils émettent 3%, mais paient le prix fort en matière de conséquences du dérèglement climatique. C’est une façon de renvoyer un problème crucial et urgent à plus tard, question de calmer une certaine opinion, se donner bonne conscience et voir venir. Si ces puissants dont les déjections en matière de CO2 sont les plus grandes, pourquoi refusent-ils d’abord de payer ? Et s’ils rechignent à payer, pourquoi paieraient-ils pour l’Afrique ? Et s’ils ne l’ont pas fait pour les 100 millions/an, pourquoi rempliraient-ils un Tonneau de Danaïdes dédié aux pauvres ?

Si c’est pour arriver à ce genre de fonds hypothétique, autant que l’argent du kérosène des jets privés des personnalités parqués à l’aéroport de Charm-El-Cheikh, et tous les sous injectés pour l’organisation de cette COP27, autant fallait-il que tout cet argent soit mis de côté pour aider ces pays indigents. Autant que Coca-Cola qui a financé cette COP27 décidait de donner ça aux concernés, ça serait vraiment justice. In fine et la question qui est dans certains esprits : A quoi servent les COP pour l’Afrique ?

La REDACTION

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