Forum de Paris sur la paix : L’Afrique, de prurit à remède

Forum de Paris sur la paix : L’Afrique, de prurit à remède

On aurait pu renommer cette réunion «Forum sur la paix en Afrique de Paris» qu’on n’aurait pas eu beaucoup à redire. D’abord, parce que les «grands» européens, comme Angela Merkel de l’Allemagne, ne sont pas venus au pied de la Tour Eiffel aux côtés de leur homologue Emmanuel Macron.

Par contre,  une dizaine de chefs d’Etat africains étaient à la tribune à l’ouverture de cette deuxième édition parisienne consacrée à la paix. Et la première journée a vite pris la coloration du continent, avec notamment ce discours de Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo (RDC), qui a tourné autour des nombreuses éruptions nocives à la paix qui parsèment sa croute terrestre.

L’idée qu’il a émise est effectivement intéressante. L’Afrique ne doit plus être la cause des «problèmes», mais la solution à ses propres difficultés et à celles du monde. Mais il ne suffit pas de discourir. Il faut des propositions concrètes. Il faut dire d’ailleurs qu’à ce forum, à observer de près, il n’y en avait que pour Tshisekedi, dont le pays  la RD Congo, bénéficiera de libéralités de la France, de 65 millions d’Euros, dont le format ‘’Développement-Désendettement’’ touchera la sécurité, l’éducation et la santé. Et sécuritairement Marcon a invité les voisins du grand Congo, l’Ouganda et le Rwanda à aider à mettre fin à la noria de rebellions frontalières. Une lutte sécuritaire dont Antonio Guterres, le patron de l’ONU se dit partisan. En plus les propositions épousent du reste la sève de ce forum, à savoir le multilatéralisme, qui est une voie à fertiliser.

Une vision noble, une fin qui pourrait supporter la résolution de biens de tares qui  nourrissent les guerres et autres conflits qui plombent l’épanouissement au même tempo des habitants de la planète Terre. Mais elle doit être libellée à un combat de longue haleine, car le globe est peuplé de sociétés qui se préoccupent d’abord de protéger, de sécuriser leurs acquis, avant de songer à ceux des futures 9 milliards d’âmes humaines de cette composante du système solaire.

Il faudrait aussi, pour ce qui concerne le continent africain, étouffer les appétences et les appétits voraces et par trop aveuglement cupides qui salivent sur les ressources naturelles du continent. Une gestion claire et assainie des convoitises, centralisée de façon responsable par l’Etat pourrait par exemple permettre à une République démocratique du Congo (RDC), véritable scandale naturel à ciel ouvert, de prendre véritablement son envol. Cela n’est possible que les si les trésors tapis dans ses entrailles profitent de façon équitable aux Congolais et ne soient pas aspirés par des tentacules pas catholiques, les mêmes qui engraissent les conflits et autres rebellions qui ensanglantent cette partie du continent. Et en matière de lutte sécuritaire, l’urgence se trouve également et surtout au Sahel.

Car pour ce qui concerne les autres types d’agression commis, le corps fragile et lacté de la paix  que constituent par exemple le terrorisme et ses adjuvants parasitaires que sont les différents trafics illicites dans la bande sahélo-saharienne, il faudra aussi s’y pencher. Et justement en marge du forum, le président français et 3 de ses homologues du Sahel ont eu un entretien à huis clos et sans déclaration. Un aparté dinatoire Macron-Deby-IBK-Issoufou a été consacré à l’existant sécuritaire au Sahel. Depuis quelques semaines, le Mali et le Burkina Faso sont devenus des souffre-douleurs quotidiens des terroristes. Au moment même où ces 4 chefs d’Etat, se parlaient entre 4 murs à Paris, les Burkinabè continuaient à inhumer certains des 38 suppliciés de Boungou, tués le 6 novembre dernier, et nul doute que la situation au Sahel sera l’entrée, le plat principal et le dessert de cette réunion.

Il faut d’ailleurs se le dire, si ce genre de réunion permet de se parler, de faire certains réglages, elle commence à avoir l’heur de ne pas trop apporter une plus-value à cette lutte vitale pour les Maliens, Burkinabè et Nigériens. Des réunions soit, mais aussi des actes, c’est-à-dire savoir modeler le comportement des populations, les écouter, les aider au quotidien, seraient déjà un début de solution, complémentaire aux coups de canons. Et il faudra vite parlementer bien et agir militairement surtout parce qu’avec l’œuf de dinosaure qui est en train de se former au Sahel s’il arrivait à éclosion, il risque d’être fortement dommageable à la Paix.  

Ahmed BAMBARA

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR