Ghana : trois ans après sa crise, le FMI clôture le programme de 3 milliards de dollars

Ghana : trois ans après sa crise, le FMI clôture le programme de 3 milliards de dollars

 

Le FMI vient de délivrer un véritable brevet de résilience macroéconomique aux autorités d’Accra, au Ghana. Le conseil d’administration de l’institution de Washington a officiellement validé ce lundi 27 juillet 2026 la sixième et ultime revue de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit. Cette décision historique débloque immédiatement un dernier versement de 371 millions de dollars, scellant la fin d’un plan de sauvetage global de 3 milliards de dollars activé en mai 2023. Le Ghana s’extirpe ainsi du gouffre financier de la banqueroute pour entamer une phase de consolidation inédite sur les marchés ouest-africains.

La directrice générale du fonds, Kristalina Georgieva, a salué des performances macroéconomiques globalement satisfaisantes. Les chiffres témoignent d’ailleurs d’un retournement de conjoncture spectaculaire par rapport à l’enfer inflationniste connu il y a trois ans. La hausse des prix est retombée à un niveau historique de 5,3 % en juin dernier, tandis que le matelas de devises de la Banque du Ghana a doublé pour atteindre 11,9 milliards de dollars à la fin de l’année précédente.

Le ministre des Finances Mohammed Amin Adam a réussi à ramener le solde budgétaire primaire dans le vert, permettant aux agences d’évaluation de ramener le risque de surendettement à un niveau modéré. Cette bouffée d’oxygène monétaire s’accompagne d’une restructuration agressive de la dette extérieure. Accra a déjà scellé des accords d’allègement définitifs avec plus de la moitié de ses créanciers bilatéraux du Club de Paris et finalise les protocoles d’accord avec les détenteurs d’obligations commerciales privées.

Pour empêcher un relâchement des réformes après la fin des financements, l’état-major du fonds a validé un nouvel instrument de coordination des politiques étalé sur 36 mois. Ce dispositif n’apporte aucune rallonge d’argent frais, mais sert de boussole de crédibilité pour rassurer les bailleurs de fonds et les investisseurs internationaux. L’institution financière exige notamment le transfert immédiat du programme d’achat d’or national vers la structure publique GoldBod afin de couper court aux activités quasi budgétaires opaques et de recapitaliser la Banque centrale d’ici 2032. L’économie ghanéenne sort de cette épreuve debout, après avoir dit qu’elle ne solliciterait plus l’aide de Washington.

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