Grâce présidentielle au Tchad pour Succès Masra : Rebond   politique  ou en pointillé pour le leader des Transformateurs ?

Grâce présidentielle au Tchad pour Succès Masra : Rebond   politique  ou en pointillé pour le leader des Transformateurs ?

Le président des Transformateurs a été libéré ce 14 août par une grâce présidentielle. Lunettes noires, visage émancié, un peu amaigri, c’est les premières images de Success Masra.

Va-t-on assister à un scénario comme en 2022, c’est-à-dire à une amnistie de Success Masra ? C’est la question qui flotte dans l’air au Tchad. Il faut dire qu’en Success Masra, il y a un peu d’Abdoulaye  Wade et de Yawo Agboyibor. Même si le contexte sénégalais et togolais des années 90-2000 n’a rien à voir avec celui du Tchad actuel.

Masra a la gouaille et le flair politique du pape du Sopi et a copié même certaines pratiques du célèbre crâne centenaire du pays de la Téranga. Opposition pour lui ne signifie pas couper tous les ponts. Faire dans le radicalisme inepte et abscons ne sert à rien. Il faut savoir saisir certaines opportunités et éviter les longs bras de fer avec le chef de l’État. Exit  la politique de la chaise vide. Il faut toujours en être. Quitte à glaner des succès epsiloniques. Être un peu démagogue en politique aussi n’est pas un crime. Masra le fait. Le patron des Transformateurs a aussi le courage, voire la témérité et l’intransigeance de feu Maître Yawo Agboyibor du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR)  il va au charbon ,paie de sa personne au sens propre comme au figuré, comme en témoigne son parcours politique ces cinq dernières années. Masra sait se faire respecter et a du charisme qui n’est pas sans rappeler l’enfant de Yoto au Togo. Ainsi en est-il de son refus de reconnaître la passation de pouvoir au maréchal Mahamat Déby au lendemain du décès d’Idriss Déby ainsi que du Comité militaire de transition. Le boycott du dialogue national inclusif ,de son exil forcé aux États-Unis après le «jeudi  noir « reference  au 20 octobre 2022, jour où plusieurs militants des Transformateurs furent tués. Il fut accusé d’en être l’instigateur et était recherché. Ou encore l’accord de Kinshasa en octobre 2023 qui lui aura permis de faire la paix des braves avec le président- maréchal. Accord assorti d’ailleurs de l’amnistie qui lui permit de monter comme premier ministre le 1er janvier 2024 au gouvernement de transition et même permettre de participer à la présidentielle de mai 2024 où il récolta 20 % des scores.

Et vlan ! Le 16 mai 2025, le voilà de nouveau arrêté, jugé et condamné à 20 ans de réclusion après une histoire d’audio qu’il aurait fait et qui aurait provoqué un affrontement communautaire qui a fait une quarantaine de morts. Et voilà encore Success Masra dehors un an après par une grâce présidentielle, mais non une amnistie cette fois. Ce qui met dans la balance  son avenir politique La grâce présidentielle l’a extrait des locaux de la coordination de la police judiciaire où il aura passé 456 jours. Mais la culpabilité demeure et surtout, il est inéligible comme les 9 autres comme Max Kinkoy d’un autre parti.

Si la compétence et l’intelligence politique se mesurent à l.’aune de la capacité d’un homme politique de transformer sa traversée du  desert en opportunité,Success Masra gracié devrait le demontrer. En clair, que fera-t-il de cette liberté d’aller et venir avec une ligne rouge cependant en politique qui est pourtant son violon d’Ingres ?

Rebondir mais comment et par quel protocole ? Il lui faudra gagner davantage encore les faveurs du maître du palais de Toumaï. Donc se rapprocher de l’alpha  et l’oméga de la politique du pays, le maréchal Ahamat  Déby pour espérer qu’une loi d’amnistie se profile à l’horizon.

Pour quel deal ? Car ce grand écart operé frequemment  par Masra appelé compromis en politique n’est pas souvent compris par certains de ses ouailles  qui payent souvent cher pour et ensuite voir leur champion être « ami- ami» du chef de l’État. N’est-ce pas ça aussi le côté froid, cassant et cynique de la politique ? Succès Masra avait touché le fond. Il en est émergé mais n’est pas encore sauvé politiquement.

Son avenir politique pour peu qu’on regarde le marigot tchadien est en pointillé  car meme excepté ses démelés politico- judiciaires ,depuis François Tombalbaye ,tous les présidents tchadiens ont été soit des militaires ou maqusards lesquels sont descendus dans l’arene  par  les armes.

Mais à écouter l’ex reprouvé, il veuxt encore travailler avec le pouvoir. A t il d’ailleurs le choix ? Et même si   si le scénario de 2023 était réédité,  c’est-à-dire la loi amnistiante ,il est évident qu’il y aura une contrepartie. Et succès Masra ne sera pas à un business politique près avec le président Mahamat Déby.

D’autres l’ont compris comme les frères jumeaux  Erdimi avec des fortunes diverses. Au Tchad, il faut composer avec les militaires qui maîtrisent le rouage qui sont les maîtres du pays plus precisemement avec la puussante fratrie de Amdhareff Mais surtout, il faut éviter de subir le sort par exemple d’un Yaya Dillo. Quel avenir politique pour succès Masra ? On le saura d’ici quelques semaines ou mois .

Aujourdhui au Faso.

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