Grâce présidentielle de Goïta pour les 46 militaires ivoiriens : Ouf ! Ce n’est pas trop tôt !

Grâce présidentielle de Goïta pour les 46 militaires ivoiriens : Ouf ! Ce n’est pas trop tôt !

Ceux qui voient la bouteille à moitié vide verront dans ce geste discrétionnaire du président de la Transition du Mali, de gracier les 46 militaires ivoiriens, condamnés à 20 ans de prison pour «atteinte à la sûreté de l’Etat» ceux-ci y verront l’heureux dénouement de l’efficacité diplomatique du médiateur officiel du dossier, le président togolais, Faure Gnassingbé.

En effet, c’est 24 heures seulement après le bref périple Lomé-Bamako Abidjan que Goïta a usé de son stylo à bille pour lever l’écrou de ces 46 condamnés et 3 soldates condamnées à mort par contumace.

On peut affirmer sans trop de risques de se tromper que les derniers réglages dont on créditait le médiateur Faure, qui a eu ce 5 janvier un tête-à-tête avec Goïta sans que rien ne transpire, et qui de la capitale malienne est allé directement en rendre compte à son mandant Alassane Ouattara, on peut dire que ce séjour à la vitesse grand V au Mali aura été le voyage qui a démêlé l’écheveau de ce dossier d’Etat. D’ailleurs, avant d’atterrir à Abidjan, tard dans la nuit du samedi 7 janvier, les 46 ex-prisonniers ont fait escale à Lomé, question de dire un grand merci componcté à Faure Gnassingbé.

Par contre, certains y verront  la bouteille à moitié vide, relativement à la CEDEAO : Goïta aura ainsi laissé passer la justice, qui eut la main très lourde, il aura laissé également expirer l’ultimatum de la CEDEAO (1er janvier 2023) avant de daigner signer la grâce à l’égard des 46 proscrits ivoiriens. Voilà donc l’interminable feuilleton politco-militairo-judicaire débuté le 10 juillet 2022, qui prend fin ce vendredi 6 janvier 2023 par un simple décret présidentiel du président intérimaire du Mali.

Que de ballets diplomatiques, que de revirements, que de colère, que de feintes, enfin le soulagement.

Ouf ! Ce n’est pas trop tôt ! On peut dire que l’histoire de ces 49 militaires aura révélé 2 choses ou du moins aura dégagé deux leçons propédeudiques en matière de chose politique :

1-Entre le Mali, la MINUSMA, la France et d’autres partenaires, la confiance est devenue la chose la moins partagée. Les 46 militaires sont libérés, mais les conséquences laisseront des stigmates indélébiles. Peut-être que la glace se brisera avec le temps. Du reste, Alassane Ouattara a affirmé samedi à l’aéroport, en présence des 46 militaires qu’il souhaite de bonnes et fructueuses relations avec ce «pays frère qui est le Mali». Et qu’une invitation adressée à Goïta pour venir en Côte d’Ivoire serait dans les tuyaux.

2-Il y a désormais un avant et un après 49 soldats ivoirens. Car quand quand bien même ils ont été libérés, ce qui est une bonne chose à mettre au compte de Goïta, mais une libération qui fut fastidieuses, zébrée d’humiliations envers la Côte d’Ivoire, car on aeu l’impression que Goïta a fait fi de tout, il a pris tout son temps avant de cécider à les libérer.

Enfin, pour certain, il reste aussi un petit flou pour le rôle que ces militaires qui ont été faits prisonniers au Mali. Quand tout  va se tasser, peut être d’ici quelques années, on saura si c’était des «mercenaires» ou pas. Car on connaît les limites de la grâce présidentielle. Ils sont libres, mais non «blanchis», et il y aura toujours comme un sceau d’infamie qui collera au treillis de ces soldats.

Réjugement pour les laver ou amnistie ? Clarification du côté de Burkina ? Pour l’honneur de ces 49 militaires, celui de leurs familles, il faudra qu’on sache un jour la vérité sur cet épisode qui aura assombri les relations Bamako-Abidjan. En tout cas, pour le moment et dès hier dimanche, chacun des soldats essaie de  «rattraper», le temps perdu avec sa famille.

La REDACTION

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