Grand Ouaga : La commission de toponymie en voie de redynamisation

Grand Ouaga : La commission de toponymie en voie de redynamisation

Le conseil municipal de Ouagadougou tient un atelier les 23 et 24 octobre 2019 en vue de redynamiser la commission de toponymie de la capitale burkinabè. La cinquantaine de participants à la fin de ses travaux compte aboutir à la mise en place d’une organisation pérenne avec une méthodologie de travail.

La commission de toponymie, créée en 1997 a été présidée par Me Titinga Frédéric Passéré. Avec d’autres sommités, ils ont fait un travail qui a été consigné dans un document et adopté par le conseil municipal de la ville de Ouagadougou de l’époque. Aujourd’hui, Ouagadougou a une nouvelle physionomie d’où la nécessité de redynamiser cette commission.

Le maire, Armand Pierre Béouindé a expliqué que la rencontre du jour est à la fois institutionnelle, scientifique et culturelle car réfléchir sur la redynamisation de la commission de toponymie de la ville de Ouagadougou, au-delà de la signalétique usuelle et visuelle, c’est un appel à notre histoire, à notre vivre-ensemble, à notre mémoire collective. «Tout ce qui entre dans la cadre de la dénomination des rues, des places publiques et des monuments font référence à nos héros, à nos martyrs, aux femmes et hommes qui se sont battus pour la liberté et pour l’épanouissement des Burkinabè», a-t-il précisé. C’est dire toute l’importance de la toponymie dans l’architecture sociale, culturelle dans la vie de notre société. Pour le conseil municipal, ce sont des repères que l’on grave pour les générations futures, source d’inspiration pour les uns, exemple à suivre pour les autres car une société se construit sur des modèles. Armand Pierre Béouindé a remercié le maire honoraire de la ville de Ouaga, parrain de la cérémonie, Simon Compaoré, d’avoir enclenché ce processus en 1997 par la mise en place d’une commission de toponymie qui a proposé près de 2 000 noms et de 2000 à 2018, 140 lieux ont été baptisés dans la capitale. «C’est à nous qu’il revient aujourd’hui de développer des activités en lien avec la toponymie dans le cadre du grand Ouaga qui intègre désormais 7 communes rurales et la commune urbaine de Ouaga», a-t-il conclu.

Le parrain de l’activité, le premier président de la commission de toponymie Me Titinga Frédéric Pacéré a rappelé que lui et son équipe, au départ, naviguaient à vue avant de tracer une voie qu’on pourrait dire scientifique qui leur a permis de déboucher sur des résultats concluants. «C’est pour cela que j’ai dit que la nouvelle commission si elle prend fonction doit s’inspirer de ce qu’a été notre base, avec ses limites certes mais pour ajouter de la terre à la terre et compléter nos travaux», a souligné Me Pacéré. Selon lui, il est souhaitable qu’on puisse doter cette commission redynamisée de moyens : un secrétariat équipé pour éviter les redites, une bibliothèque fournie pour la connaissance intégrale de la capitale. «Aussi, il serait souhaitable que ce ne soit pas une commission ponctuelle. Il faut avoir une structure, même légère de 10 personnes spécialisées en toponymie pour à tout moment recevoir des dossiers, les étudier et les soumettre au conseil municipal». La commission qu’a présidée, le parrain a été appréciée dans le monde entier. Plus d’une dizaine de maires d’Afrique ont envoyé un collaborateur s’entretenir avec lui pour comprendre comment son équipe a pu avoir près de 2000 noms en deux ans. Le maire d’une capitale de l’Amérique latine s’est inquiété parce que leur commission de toponymie qui était à ses 21 années n’avait pas pu rendre ses travaux avec 1 000 noms.

Simon Compaoré, président

de la cérémonie

«Ce document fourni par la commission nous avait permis de procéder au baptême des rues, de places, etc. Toute chose qui a contribué à donner un visage humain à la ville», a rappelé le maire honoraire de Ouaga, Simon Compaoré. De ses dires, c’est donc une belle initiative qu’a eue le maire Béouindé en voulant redynamiser cette commission car de 1997 à aujourd’hui, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. En effet, la ville de Ouagadougou est passée de 5 à 12 arrondissements, le nombre de secteurs a augmenté passant de 30 à 55, des lotissements ont eu lieu entraînant la création de nouvelles rues, de nouvelles infrastructures ont été créées telles que les échangeurs. Pour Simon Compaoré, tout cela mérite qu’on fasse réveiller la commission pour qu’elle travaille sur les éléments du moment pour une continuité dans l’histoire de la ville de Ouagadougou.

Aline Ariane BAMOUNI

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