Grève des enseignants : Des centaines de marcheurs dans les rues de Ouagadougou

Grève des enseignants : Des centaines de marcheurs dans les rues de Ouagadougou

Plusieurs centaines d’enseignants ont pris part à une marche-meeting, hier mercredi 10 janvier 2018 à Ouagadougou, pour exiger de meilleures conditions de vie et de travail. C’était au 2e jour de la grève de 72 heures, lancée par la Coordination nationale des syndicats de l’éducation (CNSE).

La grève des enseignants, débutée le mardi 9 janvier 2018, a pris une autre ampleur, le lendemain. En effet, après leur piquet de grève, observé la veille à la Bourse du travail de Ouagadougou, les grévistes sont passés à une marche-meeting, hier mercredi 10 janvier 2018. Ils ont été nombreux à arpenter quelques artères du centre-ville de  Ouagadougou. Des marcheurs tenaient des banderoles avec des messages renseignant sur les objectifs de la lutte. Par moments, les manifestants ont chanté l’hymne national ou scandé des slogans hostiles à leur ministère de tutelle. L’on pouvait lire et entendre, entre autres messages et slogans, «Non à la clochardisation des acteurs de l’éducation», «Non au mépris du corps enseignant», «Oui à la satisfaction de notre plateforme revendicative».

Partis de la Bourse du travail, les marcheurs ont parcouru quelques kilomètres, avant de regagner leur point de départ, pour tenir un meeting. Au cours du rassemblement à la Bourse du travail, des responsables syndicaux de l’éducation ont pris la parole pour appeler leurs membres à maintenir la mobilisation, afin de faire céder le gouvernement.

A l’issue du meeting, le coordonnateur national des syndicats de l’éducation, Wendyam Zongo, avant de dresser un bilan officiel, à l’issue des trois jours de grève, estime que la mobilisation est très satisfaisante, sur l’ensemble du territoire national. Selon lui, il faut que la coordination (qui regroupe 15 syndicats de l’éducation) obtienne de l’Etat, un protocole d’accord signé des deux parties.«Il nous faut ce protocole d’accord qui nous donne une preuve que nous pourrons présenter à nos camarades et militants. Et c’est à l’issue de cela que l’on pourra voir la conduite à tenir», a expliqué M. Zongo.

La marche-meeting, organisée hier matin par la CNSE, a constitué l’activité-phare de la deuxième journée de la grève entamée le mardi 9 janvier à 00 heure et qui a duré jusqu’au jeudi 11 janvier à 24 heures. De l’avis de Wendyam Zongo, un bilan des 72 heures de grève sera dressé, ce jeudi à 16 heures, à la Bourse du travail de Ouagadougou.

La plateforme revendicative des syndicats des enseignants burkinabè contient quatre principaux  points dont le premier concerne l’«adoption d’un statut valorisant des personnels de l’éducation et de la recherche». Le deuxième point porte surl’«amélioration de l’accès à l’éducation», tandis que le troisième a trait à l’«amélioration des conditions de travail pour une efficacité du système éducatif». A cela, s’ajoute le point relatif à la «revalorisation de la fonction enseignante».

Cette marche-meeting des enseignants est le premier mouvement de protestation d’envergure au Burkina Faso, en ce début d’année 2018.Elle intervient, alors que le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, dans son message de nouvel An, avait invité les travailleurs à cesser «les agitations sur le front social». Par ailleurs, il a annoncé que le gouvernement va engager, dès le mois prochain, un nouveau système de rémunération de la fonction publique burkinabè.

Alexandre TRAORE

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