Guerre RDC # Rwanda : Comment conjurer le scénario du pire de 2012 à Goma ?

Guerre RDC # Rwanda : Comment conjurer le scénario du pire de 2012 à Goma ?

La poudre tonne et les salves de balles trouent le jour comme la nuit depuis quelques
semaines dans plusieurs localités proches de Goma où l’armée de la RD Congo essaie de
contenir l’équipée perforeuse du M23 qui tente de prendre pied dans la capitale provinciale
du Nord-Kivu : Goma.Kibumba, dernière capitonnade avant Goma résiste vaille que vaille et
la guerre fait rage, car cette région est à une vingtaine de kilomètres de Goma, autant dire
que les rebelles du M23 menacent vraiment de prendre la capitale provinciale du Nord-Kivu,
devenue un point d’honneur dans cette intangibilité territoriale de la RD Congo.Hier
dimanche, c’est une véritable bataille rangée qui a opposé l’armée de RD Congo aux rebelles
du M23 à Mwaro, bataille à l’issue de laquelle, les militaires congolais ont pu faire reculer ce
mouvement du 23-Mars jusqu’à Gikeri.A terre, les fantassins tentent de protéger Goma, ce
verrou stratégique, tandis qu’au ciel, l’artillerie aérienne congolaise en particulier, des
avions Sukkhoï-25 et Mi-24 tapaient dans deux fourmilières rebelles du M23 le samedi 12
novembre dernier.La dense forêt de Goma, et la stratégie militaire aidant, aucun bilan de
part et d’autre, sauf une reconnaissance d’une société civile, de civils tués dans 3 villages.
Des bombardements qualifiés de «barbares» par le M23 qui parle de 15 victimes
civiles.Concomitamment au langage des armes aux encablures de Goma, celui de la
diplomatie se déploie également. Ainsi en est-il de la Conférence internationale sur la région.

des Grands Lacs (CIRGL) menée par le président angolais, Joao Lourenço, qui est à sa 3e
rencontre avec les chefs d’Etat congolais, Félix Tshisekedi et rwandais, Paul Kagame, sans
qu’il y ait véritablement des résultats tangibles.Au contraire, le M23 poursuit son avancée à
l’intérieur, avec cap sur Goma. Sur le plan de la résolution diplomatique, il y a également les
bons offices de l’ancien président Kenyan, Uhuru Kenyatta, mandaté par l’EAC et son
homologue burundais, Evariste Ndayishiymyé lesquels sont depuis hier dimanche 13
novembre à Kinshasa pour esquisser les lignes d’un cessez-le-feu.Et si toutes les diplomaties
des Grands Lacs se déploient, le jalonnement militaire l’est aussi avec l’arrivée d’une
centaine de soldats kenyans (sur 900) sur le terrain pour aider la RD Congo à bouter hors les
spadassins du M23.Un médiateur kenyan et des soldats de ce même pays qui combattent
aux côtés d’un camp, celui de la RDC, voilà déjà un aspect qui ne facilitera pas cette
négociation d’Uhuru Kenyatta. Et on ne sait pas si le 21 novembre, le cénacle de Nairobi
accouchera, même d’un gentleman agreement.S’il est avéré que le rapport confidentiel de
l’ONU et les confidences de dirigeants américains à l’appui, s’il est donc vérifié que le
Rwanda soutient le M23, alors il est à craindre que sans l’aide extérieure militaire, Goma
risque de subir le sort qu’il a connu en novembre-décembre 2012, intermède au cours
duquel, le même M23 avait occupé cette bourgade d’un million d’âmes avant d’en être
éjecté en janvier par les troupes congolaises. Comment conjurer ce remake du pire il y a 10
ans ? La RDC n’en dort pas. Le M23 poursuit une sorte de guerre-éclaire drapée de
revanche.Plus aguerris, mieux formés, et mieux dotés en armements, les soldats rwandais
qui seraient les maîtres du M23 ont une suprématie certaine sur l’armée congolaise, en
reconstruction.C’est donc de 2 choses l’une, soit la diplomatie parvient à imposer le silence
des armes, soit les forces étrangères aident les Congolais à repousser ces rebelles
«rwandophones».C’est d’ailleurs selon cette appartenance au Rwanda, notament Tutsi, que
ces rebelles n’ont pas été intégrés dans l’armée congolaise, selon une clause d’un accord
conclu, il y a plus de 10 ans.En somme, la question du M23 réside dans l’acronyme DDR :
Désarmement, démobilisation et réinsertion dans l’armée congolaise. En tout état de cause,
Tshisekedi a plus intérêt à calmer cette situation, car à 9 mois de la présidentielle, les bruits
des balles de Goma riment mal avec le petit froufrou du bulletin dans l’urne.

La REDACTION

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